Réfugiés ukrainiens en Belgique: "Accueillir ces gens qui fuient la guerre, l’horreur et les bombes est un devoir européen"

Invitée de l’émission "Il faut qu’on parle" sur DH Radio ce mardi, la ministre des Pensions et de l’Intégration sociale Karine Lalieux (PS) a assuré que l’Etat allait prendre ses responsabilités face à l’afflux de réfugiés ukrainiens et qu’il n’oubliait ni les Villes, ni les Communes.

Fl.G.

L‘invasion de l’Ukraine par les forces russes a poussé des milllions d’Ukrainiens à l’exil forcé. Parmi ces nombreux réfugiés qui ont quitté leur pays, 28.000 sont arrivés en Belgique et 5000 ont demandé un hébergement et une aide auprès des CPAS. Mais ce chiffre risque encore d’augmenter prochainement.

Face à cet afflux de réfugiés ukrainiens qu’il faudra loger, la ministre fédérale des Pensions et de l’Intégration sociale Karine Lalieux estime qu’il faut se donner les moyens. "C’est un devoir et une obligation européenne que d’accueillir des gens qui fuient la guerre, l’horreur et les bombes. Ce sont des femmes, des enfants et des personnes âgées qui ont tout laissé derrière eux, notamment un mari, un fils ou un frère qui se battent contre les Russes."

À l’instar de celui de Charleroi, certains CPAS s’inquiètent du manque de moyens à fournir pour accueillir ces réfugiés. "L’ensemble des États européens ont activé une directive qui donne un séjour légal temporaire aux Ukrainiens qui fuient la guerre. À partir de ce moment-là, il y a des obligations qui tombent sous la responsabilité des États européens. Selon la loi de 1976 sur les CPAS, chaque personne qui est en séjour légal ici dans notre pays a droit à une vie digne. Nous devons faire en sorte de les loger de leur permettre un accès au marché du travail, aux soins de santé et à l’aide sociale", précise la socialiste au micro de Maxime Binet.

Ce que j’ai décidé au niveau du gouvernement, c’est que l’État fédéral prenne ses responsabilités. On ne laisse pas tomber nos villes et nos communes.

Face à ce procédé reconnaissant le droit à un séjour obligatoire temporaire pour les Ukrainiens, certains ont critiqué la politique des réfugiés à deux vitesses en Belgique en comparaison avec d’autres crises migratoires. "L’Union Européenne décide ou non d’activer la directive de 2001 par rapport à un afflux massif. Ici, elle a décidé de l’activer et donc, il y a des obligations. Par rapport à la Syrie, l’UE a décidé de ne pas l’activer, ce qui fait que les Syriens qui quittent leur pays seront reconnus comme des demandeurs d’asile", se justifie Karine Lalieux.

Pour le moment, la majorité des 28.000 réfugiés ukrainiens présents dans notre pays, et dispatchés dans nos communes par l’office des étrangers, sont accueillis par des citoyens belges. "Je les félicite et il faut évidemment soutenir cette solidarité. Mais si les réfugiés ont besoin d’une aide pour vivre dignement, ils peuvent aller vers les CPAS. Ceux-ci feront une enquête sociale et verront leurs besoins."

La ministre Lalieux dit non à un changement de la loi

Ce qui inquiète la Flandre, c’est que cela ne coûte trop cher. Le ministre-président Jan Jambon (N-VA) a d’ailleurs demandé de revoir la loi contraignante par rapport à l’aide apportée aux CPAS pour les réfugiés. "Cela va coûter cher à tout le monde mais je ne veux pas changer la loi, assure la ministre. Ce que j’ai décidé au niveau du gouvernement, c’est que l’État fédéral prenne ses responsabilités. On ne laisse pas tomber nos villes et nos communes. Elles ont déjà beaucoup souffert avec la crise sanitaire et le coût de l’énergie. Et j’ai fait en sorte que l’État fédéral prenne en charge cette aide sociale et rembourse l’aide sociale à hauteur de 135%. C’est-à-dire qu’on rembourse 100% de l’aide donnée à la personne ukrainienne mais aussi la charge de travail (soins psychologiques, matériel scolaire, traducteurs, etc)."

Dans le cas où la guerre se prolonge et que l’afflux de réfugiés continue, la question que tout le monde se pose, c’est de savoir si la Belgique est capable de faire face à une arrivée potentielle de 200.000 réfugiés - dans le pire scénario - après avoir déjà dû faire face à la crise migratoire de 2014-2015. "L’État fédéral, les Régions et les Communes se préparent et nous ferons en sorte de les accueillir dignement. C’est notre responsabilité", conclut Karine Lalieux.

Dans la suite de l'interview, cette fois consacrée aux derniers sondages faisant état d'une baisse du PS et d'une progression du PTB, la ministre socialiste a taclé durement le parti d'extrême gauche en déclarant que voter pour ce parti, c'était " voter pour du vent ".