Maltraitance des aînés: Amnesty et la LDH appellent à la mise en oeuvre urgente de mesures

Amnesty International et la Ligue des droits humains appellent à la mise en œuvre urgente de mesures adéquates en vue de garantir le respect et la réalisation des droits humains des résidents de maisons de repos.

Maltraitance des aînés: Amnesty et la LDH appellent à la mise en oeuvre urgente de mesures

A la suite de diverses révélations mettant en évidence des situations de maltraitance au sein de plusieurs maisons de repos (MR) et de maisons de repos et de soins (MRS), Amnesty International et la Ligue des droits humains appellent, mercredi, à la mise en œuvre urgente par les autorités compétentes de mesures adéquates - celles qui existent aujourd’hui étant insuffisantes - en vue de garantir le respect et la réalisation des droits humains des résidents et résidentes de ces établissements

"À l’automne dernier, la remise d’une pétition signée par plus de 15.000 personnes aux autorités régionales et fédérales avait donné lieu à des rencontres avec les ministres Alain Maron (Bruxelles) et Christie Morreale (Wallonie). Nous avions alors noté une dynamique positive et la réalisation d’efforts en vue d’une amélioration substantielle de la situation, mais les mesures prises ne sont pas suffisantes et le processus n’est pas assez rapide", regrettent Philippe Hensmans et Pierre-Arnaud Perrouty, respectivement directeurs de la section belge francophone d’Amnesty International et de la Ligue des droits humains.

Début février, au parlement wallon, la ministre wallonne de la Santé avait elle-même appelé à des mesures structurelles, passant notamment par une révision de la gradation des sanctions contre les établissements défaillants et un renforcement des missions de contrôles de l’Aviq.

Un point que les deux organisations mettent elles aussi particulièrement en avant. Ces procédures de contrôle "doivent être menées en toute indépendance par des organes d’inspection dotés de moyens suffisants", écrivent-elles. Il importe également, selon elles, que les autorités veillent à ce que les MR/MRS puissent disposer d’un personnel spécialisé, en nombre suffisant et bénéficiant de conditions de travail adéquates.

Elles insistent par ailleurs "sur l’importance de la représentation et de la participation des résidents et de leurs représentants légaux, des gestionnaires des maisons de repos et du personnel soignant dans les processus de planification et de décision, tant internes que gouvernementaux".

Amnesty International et la Ligue des droits humains appellent également les autorités régionales à veiller "à ce que toute restriction des droits fondamentaux des résidents et résidentes de MR/MRS, comme la privation de liberté de mouvement, soit prévue par le législateur, nécessaire et proportionnée pour atteindre un objectif légitime". La vie à domicile dans de bonnes conditions doit par ailleurs être soutenue et promue si cela correspond au souhait de l’aîné, tout comme les initiatives collectives alternatives basées sur le respect des droits fondamentaux et l’épanouissement, ajoutent-elles.

Les deux organisations exhortent enfin les autorités fédérales "à ratifier au plus vite et sans aucune réserve le Protocole facultatif à la Convention des Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants". Dans ce cadre, "un mécanisme national de prévention qui puisse surveiller tous les lieux où des personnes sont privées de liberté, y compris les MR/MRS, doit être mis en place en priorité."

"Cette intolérable situation n’a que trop duré. Après avoir tiré la sonnette d’alarme et rappelé à nos autorités leurs obligations, il est maintenant urgent que tout soit mis en œuvre pour que les aînés et aînées jouissent de tous leurs droits dans les meilleures conditions possibles", concluent-elles.

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