Tensions en Ukraine: hausse du prix de l’électricité et du gaz naturel en Belgique

Les tensions entre la Russie et l’Ukraine font encore monter le prix de l’énergie en Belgique. Sur le marché de gros, la livraison d’électricité pour mars est plus chère de près de 10%, pour atteindre plus de 190 euros par mégawattheure.

Tensions en Ukraine: hausse du prix de l’électricité et du gaz naturel en Belgique

Les prix pour la livraison d’électricité en avril ont également augmenté, de 7,5%, tandis que ceux pour l’année prochaine bondissent de 7% mardi.

Mardi, le gaz naturel est également plus cher, puisque son prix augmente en moyenne de 7,5%.

L’arrêt de l’importation du gaz russe ne menacerait pas directement la Belgique

L’importation de gaz russe ne représentait que 2,1% de la demande domestique en Belgique en 2020, a indiqué mardi la ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten, en réponse à des questions en commission de la Chambre. En 2018 et 2019, cette proportion s’élevait respectivement à 0,8% et 3,5%.

La Belgique est toutefois une plaque tournante du transit de gaz en Europe, venant notamment de la Russie, par les activités de terminal au port de Zeebrugge. Le port flamand s’est notamment spécialisé dans les activités de transbordement particulièrement intéressantes pour les méthaniers brise-glace venant de Russie et qui ne sont pas adaptés pour la navigation dans des eaux moins septentrionales.

"Le gaz russe joue un rôle mineur dans notre approvisionnement et de nombreuses autres routes et producteurs sont possibles. La perte de l’import russe mettrait toutefois le marché européen sous tension. Cela pourrait avoir pour conséquence de faire encore augmenter les prix. Rien n’indique cependant aujourd’hui que cela pourrait compromettre la sécurité de l’approvisionnement belge", a expliqué Mme Van der Straeten.

La ministre dit toutefois suivre la situation de près en compagnie de son administration.

Dans la majorité, Marie-Christine Marghem (MR) a exprimé sa préoccupation car si la consommation belge n’est concernée que faiblement par le gaz russe, elle dépend en revanche beaucoup plus d’interconnexions avec les pays voisins, dont certains sont fortement dépendants de la Russie.

La Belgique ne peut décider seule d’arrêter l’importation de gaz russe, comme l’a suggéré le député Georges Dallemagne (cdH). Une telle décision serait contraire aux règles du marché européen, a fait remarquer la ministre qui a renvoyé la question des sanctions vers sa collègue des Affaires étrangères qui participait mardi à un conseil européen informel extraordinaire.

Les capacités d’importation et de transit de gaz naturel de la Belgique dépassent largement ses besoins. "Un tiers de notre capacité totale d’import est suffisante pour notre demande domestique. Même si les importations venant de Russie sont complètement arrêtées, notre capacité d’importation et de transport serait suffisante pour couvrir notre demande propre et venir en aide à nos voisins si nécessaire", a encore assuré Mme Van der Straeten.

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