Les syndicats ont rencontré la direction d’Orpea: un accord formel pour négocier

Les syndicats ont rencontré vendredi en front commun la direction du groupe Orpea en Belgique, actif dans la gestion de maison de repos, pour aborder les conditions de travail du personnel du groupe, dans un contexte de graves faits de maltraitances documentés par la presse dans des maisons de repos de ce groupe en France.

Les syndicats ont rencontré la direction d’Orpea: un accord formel pour négocier

Le front commun a aussi déposé un cahier de revendications auprès de la direction et obtenu un accord formel pour l’ouverture de négociations, a-t-il indiqué à Belga.

Les revendications syndicales sont axées sur deux points: la qualité de l’emploi d’une part, et son attractivité d’autre part.

"On constate qu’il y a clairement une pénurie de soignants au sein du groupe", déclare le secrétaire régional non-marchand CNE, Fabien Boucquéau. "Orpea doit faire le nécessaire et dispose des moyens financiers pour débloquer des fonds et engager du personnel."

Les syndicats pointent en effet une surcharge du personnel soignant, parfois responsable de tâches qui ne devraient pas lui incomber, comme le service des repas dans les restaurants des résidences ou l’accueil et le contrôle des Covid Safe Ticket. Ils réclament dès lors d’embaucher du personnel supplémentaire (kinésithérapeute, ergothérapeute, encadrement des résidents,...).

Les syndicats demandent par ailleurs l’instauration de congés d’ancienneté et de chèques-repas. "Orpea doit comprendre qu’il est nécessaire d’offrir des conditions de travail attractives pour recruter et conserver du personnel", souligne le secrétaire régional. Le groupe "dispose des moyens financiers pour débloquer des fonds et engager du personnel."

Cette première réunion a permis d’établir un accord formel pour l’ouverture de négociations avec la direction. Le calendrier des négociations et la composition du groupe de négociateurs doivent encore être déterminés. "Nous avons été rassurés par le discours du CEO qui tend à reconnaître qu’il existe des problèmes au sein de l’entreprise et qu’il ne faut plus les nier", note le secrétaire régional.

Les syndicats ajoutent que des réunions avec les ministres wallon et bruxellois de la Santé ont également eu lieu il y a quelques semaines et ont permis de transmettre les témoignages de plusieurs travailleuses et travailleurs aux services de l’Aviq et d’Iriscare, responsables du contrôle de ces établissements.

Les révélations de cas de maltraitance et de négligences dans des maisons de repos du groupe Orpea en France, relayées dans le livre "Les Fossoyeurs" du journaliste Victor Castanet, paru en début d’année, sous-tendent notamment les revendications portées par les syndicats. "Nous avions déjà commencé à recueillir des témoignages au sein du groupe avant les révélations faites en France", souligne Fabien Boucquéau. "On ne peut pas nier qu’il y a un lien (...), des travailleuses et travailleurs se sont reconnus dans le livre qui est paru il y a quelques semaines."

Les organisations syndicales estiment que les maisons de repos gérées par des groupes privés représentent 17% de l’offre flamande, 49% de l’offre wallonne et 64% de l’offre bruxelloise. Cet état de fait "ouvre un véritable débat sur la question des aides publiques dont bénéficient des groupes comme Orpea", note la CNE.

© 2022 Belga. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Belga. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de Belga.