Les syndicats toujours inquiets de la pénurie de personnel dans les prisons

Si l’augmentation de 800 places au niveau carcéral, annoncée lundi matin par le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld), est une avancée, les syndicats estiment toutefois qu’il ne s’agit que d’un petit pas dans la bonne direction, la problématique de la pénurie de personnel n’étant pas résolue.

Les syndicats toujours inquiets de la pénurie de personnel dans les prisons

"Sur le court terme, non, ce n’est pas suffisant; on sera toujours en surpopulation jusqu’en 2025", lance d’emblée Grégory Wallez, secrétaire fédéral CGSP Amio. "Il s’agit simplement d’un effet d’annonce. Je pense que le ministre ne sait pas calculer. Le bâtiment de Haren proposera le même nombre de places que les trois établissements bruxellois qui vont bientôt fermer", abonde Claudine Coupienne, secrétaire permanente Justice de la CSC Services publics.

Les 35 prisons du pays disposent en principe de 9.500 places, mais elles accueillent actuellement 10.700 détenus. Les établissements de Haren-Bruxelles et de Termonde fourniront bientôt respectivement 1.190 places et 444 places, en vue de remplacer les prisons existantes de Saint-Gilles, Forest, Berkendael et Termonde. Toutefois, un plan est en cours d’élaboration pour conserver provisoirement au moins 200 places à Saint-Gilles.

Les deux formations syndicales pointent par ailleurs la nécessité de réformer la justice à la base, et de réfléchir à la désincarcération ou au recours à davantage de peines alternatives.

Par ailleurs, si l’idée d’ouvrir davantage de maisons de détention est bien accueillie, la CSC et la CGSP se demandent également où le personnel sera trouvé. "Il faut de nouveaux candidats, ou alors on va aller chercher des agents d’expérience ailleurs. On va tourner en rond", souligne M. Wallez. "C’est pourtant la première fois que l’on voit autant de bonnes idées sur la table", admet-il, "mais il faut mettre les moyens".

Actuellement, les prisons belges comptent au total 6.825 agents statutaires. "Il manque 400 agents tandis que 400 autres sont employés sous contrat Rosetta. Il manque donc 800 statutaires", compte Grégory Wallez.