Sophie Rohonyi: "Il faut cantonner l’obligation vaccinale aux personnes les plus à risque"

Invitée de l’émission "Il faut qu’on parle" sur DH Radio, la députée fédérale DéFI Sophie Rohonyi est revenue avec Maxime Binet sur l’obligation vaccinale, la montée des prix de l’énergie ou encore le baromètre Covid.

1.Obligation vaccinale: «Il faut cantonner l’obligation vaccinale aux personnes les plus à risque, à savoir les plus de 50 ans»

Les débats sur l'obligation vaccinale commencent aujourd'hui au parlement fédéral. Sophie Rohonyi fera partie de cettecommission Santé de la Chambre.

Un débat qui doit être serein et transparent, selon la députée DéFI. "C’est ce qui nous a trop manqué depuis le début de cette gestion de crise. Ce débat parlementaire sur les mesures sanitaires nous a été confisqué par le gouvernement."

Ce débat arrive-t-il un peu tardivement? "Le gouvernement a tardé à prendre la décision de laisser le parlement débattre de cette importante décision. Mais je ne pense pas que ce débat arrive trop tard. Aujourd’hui, la situation épidémiologique est plus calme, mais nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Gouverner, c’est prévoir, et c’est aussi prévoir l’émergence de nouveaux variants qui seraient plus virulents (ndlr: qu’Omicron)."

Le pass vaccinale n’est pas acceptable car il est hypocrite. Il s’agit d’une obligation déguisée

Le commissaire Corona souhaiterait plutôt un pass vaccinal plutôt que l’obligation vaccinale. Une option qui n’est pas acceptable pour DéFI. "Le pass vaccinale n’est pas acceptable car il est hypocrite. Il s’agit d’une obligation déguisée. Il est inefficace car il donne un faux sentiment de sécurité et puis, il pose aussi de gros problèmes de proportionnalité et de légalité." La députée estime qu’il serait plus sain de débattre d’une question plus franche qu’est celle de l’obligation vaccinale.

Est-on toujours pour l’obligation vaccinale chez Défi? "Notre position est de cantonner l’obligation vaccinale pour les personnes qui sont les plus à risque. À savoir: les personnes de plus de 50 ans."

2.Prix de l’énergie: «Le gaz et l’électricité doivent être considérés comme des biens de première nécessité»

Plusieurs mesures sont sur la table du gouvernement afin de lutter contre la montée des prix de l'énergie. La plus populaire concerne unebaisse temporaire de la TVA, passant de 21 à 6%.

Une option privilégiée chez DéFI, commente Sophie Rohonyi. "Ce que veulent avant tout les citoyens, c’est une baisse significative de leur facture. Donc peu importe la solution qui sera retenue. Plus on tarde à prendre une décision, plus les familles s’appauvrissent. Chez DéFI, notre position, depuis le départ, c’est d’opérer une réduction de la TVA sur le gaz et l’électricité de 21 à 6%."

Sophie Rohonyi estime que la classe moyenne a été oubliée dans cette crise de l’énergie. "C’est pourquoi il faut prendre des mesures qui visent le plus grand nombre. Et c’est le but de cette réduction de la TVA à 6%."

Trop de ménages doivent choisir entre manger chaud et se chauffer. C’est inacceptable

Cette baisse de la TVA ne serait-elle pas un saut d’index déguisé? "Non, c’est pourquoi elle doit être combinée à une prise en compte dans les indices des prix à la consommation. Cela permettra qu’elle soit prise en compte dans le cadre d’une indexation des salaires", juge Sophie Rohonyi, avant de poursuivre: "C’est quand même le bon sens de considérer le gaz et l’électricité comme des biens de première nécessité. Aujourd’hui, trop de ménages doivent choisir entre manger chaud et se chauffer. C’est inacceptable. On ne peut pas laisser continuer une telle situation."

Quant à l’avenir énergétique de la Belgique, l’arrêt du nucléaire en 2025 pourrait-il diminuer le prix de l’énergie ou rendre notre pays plus autonome énergétiquement parlant? "Le gouvernement a fait le pari de miser de manière un peu trop importante sur les centrales au gaz. C’est un non-sens écologique et diplomatique, puisque nous dépendons actuellement du gaz russe. On va accroître une dépendance qui pose déjà problème aujourd’hui", avant de continuer: "Pour sortir du nucléaire, il y a plusieurs conditions à rencontrer, dont l’approvisionnement énergétique et l’impact sur les ménages. À un moment donné, il faut pouvoir être lucide, et veiller à ce qu’on ne respecte pas cette décision de sortir du nucléaire en 2025 pour des raisons idéologiques, indépendamment de l’impact sur les ménages."

3.Baromètre Covid: «Le gouvernement agit avec trois guerres de retard»

La liste des experts qui seront entendus dans le cadre du débat à la Chambre sur la vaccination obligatoire est arrêtée. Elle nesatisfait pas tout le monde.

Sophie Rohonyi la juge, elle, assez limitative. "J’ai plaidé pour que le panel d’experts soit le plus large possible. À savoir qu’à côté des virologues, qu’on entende également des psychologues, des pédiatres, des médecins généralistes, des constitutionnalistes, etc."

Ce baromètre est davantage un outil de communication politique qui permet au gouvernement de justifier ses mesures parce qu’il est en difficulté

Le mot de la fin sera pour le baromètre Covid. Une aberration pour Sophie Rohonyi. "Il cible toujours les mêmes secteurs. Il ne tient pas compte de l’immunité acquise par la population, de la santé mentale, de la ventilation, etc. Le gouvernement agit avec trois guerres de retard. Ce baromètre, si on entend le rendre flexible comme il doit l’être, ne sera plus vraiment un baromètre. J’ai plus l’impression que ce baromètre est davantage un outil de communication politique qui permet au gouvernement de justifier ses mesures parce qu’il est en difficulté par rapport à cela."

Les cartons de Sophie Rohonyi

Comme à son habitude, Maxime Binet termine son interview avec les cartons de l’invité.

Le carton rouge de Sophie Rohonyi: le gouvernement flamand

"Il a fait adopter en Commission de l’Enseignement un décret qui est discriminatoire. Celui-ci entend réserver 65% des places dans les écoles primaires néerlandophones de Bruxelles à des néerlandophones. Cela exclut donc les francophones mais aussi toutes les personnes qui n’ont pas le Français ou le Néerlandais comme première langue. Cela montre un grand problème de liberté d’enseignement. C’est un non-sens. La N-VA qui se plaint que les francophones ne parlent pas assez bien le néerlandais mais on met des bâtons dans les roues des parents qui souhaitent mettre leurs enfants dans ces écoles afin qu’ils deviennent à terme bilingues."

Le carton vert de Sophie Rohonyi: l'Assemblée nationale française

"Pour une loi qui entend mettre fin à la discrimination envers les homosexuels qui souhaitent faire don de sang. On sait qu’ils devaient observer une période d’abstinence sexuelle de 12 mois pour pouvoir donner leur sang. Cette période a été abrogée. J’ose espérer que la Belgique emboîtera le pas."