La Belgique a réduit d’un tiers le risque lié à l’utilisation des pesticides mais...

La Belgique figure à la neuvième place des bons élèves de la classe européenne concernant la diminution du risque lié à l’utilisation de pesticides, a fait valoir ce mercredi le ministre fédéral de l’Agriculture David Clarinval, sur base d’une analyse d’Eurostat, toutefois rapidement contestée par des associations environnementales.

La Belgique a réduit d’un tiers le risque lié à l’utilisation des pesticides mais...

Ce risque avait été réduit de 35% en Belgique en 2019 par rapport à la moyenne des années 2011-2013, là où la réduction est en moyenne de 21% sur l’UE, selon la toute récente édition 2021 des principaux chiffres de la chaîne alimentaire, publiés par l’office des statistiques de la Commission européenne. Plus gros exploitant agricole de l’UE, la France avait quant à elle réduit ce risque de près de 40%. Cet indice couvre tous les secteurs de l’économie, et non les seules ventes à l’agriculture.

Eurostat explique la nécessité de cette méthode de calcul par l’évolution des types de substances actives: "la quantité de ventes seule n’est pas indicative des dangers potentiels liés à l’utilisation des pesticides", selon l’office, qui a donc recours à des indicateurs "harmonisés" comprenant des estimations du risque sur base de la teneur en substances actives.

Dans sa stratégie "De la fourche à la fourchette", l’Union européenne s’est fixé l’objectif de réduire de moitié le risque lié à l’utilisation de pesticides d’ici 2030. Pour le ministre Clarinval (MR), "ces données chiffrées révèlent un classement objectif; fréquemment critiqués, la Belgique, et les agriculteurs belges en particulier, sont en réalité les bons élèves au sein de l’Europe et du reste du monde".

«Seules les utilisations domestiques ont baissé»

Mais ce point de vue est contesté par des associations environnementales. Pour Nature et Progrès, il n’est pas difficile de faire valoir une forte diminution quand on part de si loin. "La Belgique reste dans le trio de tête des consommateurs de pesticides", a souligné son secrétaire général, Marc Fichers.

Eurostat signale en effet, a contrario, que si des pays comme la Lettonie ou l’Estonie voient quant à eux leur risque augmenter de 40% à 50% sur la même période, ces fortes hausses peuvent s’expliquer par le fait que ces pays partent d’un niveau de base beaucoup plus bas que la moyenne de l’UE.

L’association rappelle en outre que des dérogations sont accordées en Belgique à des produits "très toxiques mais utilisables à faibles doses" (comme le Sulfoxaflor, un insecticide hautement toxique pour les abeilles, ce que réfute par ailleurs son fabricant).

"La législation européenne prévoit que, depuis 2014, les méthodes non-chimiques doivent être privilégiées par les agriculteurs, avant les pesticides. Or, on ne constate pas de diminution marquée de leur usage agricole. Seules les utilisations domestiques ont baissé", souligne Nature et Progrès, qui s’interroge sur l’analyse du risque développée par Eurostat.

© 2022 Belga. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Belga. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de Belga.