Les réactions après le Codeco du vendredi 21 janvier 2022: entre réjouissances et déceptions

Après le Comité de concertation de ce vendredi 21 janvier 2022, les réactions se multiplient. En voici quelques extraits.

Les réactions après le Codeco du vendredi 21 janvier 2022: entre réjouissances et déceptions
Après le Comité de concertation de ce vendredi 21 janvier 2022, les réactions se multiplient ©BELGA

Le monde patronal se félicite de la prévisibilité que devrait apporter le baromètre corona

Même si le baromètre corona, sur lequel s’est entendu vendredi le comité de concertation, affiche la couleur rouge pour le moment, cela ne va pas empêcher des assouplissements à partir de vendredi prochain. C’est là le début d’un retour presqu’à la normale pour de nombreux secteurs, espère l’UCM. "Mais tout n’est pas gagné, loin de là", met en garde l’Union des classes moyennes. La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) se félicite, de son côté, que l’on aille vers plus de prévisibilité, de certitudes et de perspectives.

L’organisation patronale, qui soutient l’introduction du baromètre corona et les nouvelles dispositions du Covid Safe Ticket, réitère son appel à rester vigilant et à respecter scrupuleusement les règles.

Les décisions du Comité de concertation sont en outre maintenant soutenues par un accord avec les partenaires sociaux sur une série de mesures d’urgence, telles que le recours au travail étudiant et aux demandeurs d’asile titulaires d’un permis de séjour légal, pour aider les entreprises à faire face aux absences liées au variant Omicron, se réjouit la FEB.

Pour l’UCM, les décisions prises par le comité de concertation de ce vendredi laissent entrevoir une perspective positive, pour une série de métiers exercés par des indépendants et dont les activités étaient plus que largement restreintes depuis près de deux ans.

L’horeca obtient par exemple la permission de minuit, ce qui ouvre la possibilité d’un second service en soirée, tandis que les exploitants de bowling, parcs d’attractions ou plaines de jeux d’intérieurs peuvent de nouveau rouvrir leurs établissements, pointe l’Union des classes moyennes.

Le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) se réjouit, lui aussi, de la décision du Codeco d’autoriser la réouverture vendredi prochain du secteur des loisirs, qui est "financièrement à genoux". Selon lui, 70% des entreprises du secteur constataient en effet des pertes de chiffres supérieures à 30% lors des derniers mois de 2021, et cela même quand elles étaient ouvertes.

L’organisation de défense des indépendants voit également d’un bon œil le passage de l’heure de fermeture de l’horeca à minuit. Elle rappelle cependant que ces assouplissements ne devront pas signifier la fin des mesures d’aide.

Si les salles de spectacle peuvent rouvrir à davantage de spectateurs, l’UCM déplore en effet que le monde de la nuit reste fermé. Elle insiste dès lors sur la poursuite, "obligatoire", des aides mises en place pour ce secteur lourdement touché, notamment par l’octroi du double droit passerelle.

Le débat sur la prolongation du moratoire sur les faillites reste malheureusement d’actualité, estime encore l’Union.

Du côté du Voka, le réseau flamand d’entreprises, on estime qu’il est urgent de développer un baromètre corona pour les entreprises. De cette façon, celles-ci pourraient avoir une perspective sur l’assouplissement du télétravail obligatoire. Dès que cela sera possible, ce régime obligatoire devrait être supprimé progressivement, préconise-t-on.

Enfin, l’Unizo souhaite un ajustement des règles de quarantaine pour les personnes vaccinées. "Il faut certainement trouver une solution pour les nombreuses classes fermées dans l’enseignement, qui provoquent désormais des absences supplémentaires dans nos entreprises", analyse son directeur général Danny Van Assche.

«Nous espérions une date, une perspective», regrette Brussels by Night Federation

Dancings et discothèques ne rouvriront pas dans un tout proche avenir. Ainsi en a décidé le Comité de concertation de vendredi. "Nous espérions avoir une date de réouverture, une perspective mais on ne nous la donne pas", explique Lorenzo Serra, porte-parole de Brussels by Night Federation.

"Nous n’avons pas encore de vision sur ce baromètre" (visant à donner plus de prévisibilité aux mesures sanitaires destinées à ralentir la propagation du coronavirus, NDLR), poursuit-il. "Ce sera le cas dès demain, sans doute. Il est donc difficile de se prononcer ce (vendredi) soir".

"Nous plaidons pour rouvrir la vie festive le plus rapidement possible avec un cadre", conclut Lorenzo Serra.

Un baromètre «inacceptable», fulmine la fédération Horeca Bruxelles

La fédération Horeca Bruxelles n’avait pas de mots assez durs pour qualifier la décision du Comité de concertation, prise vendredi, de placer le baromètre corona au rouge lors de son entrée en vigueur vendredi prochain. "Un scandale", "un baromètre inacceptable", fulminait ainsi son président Fabian Hermans. Selon lui, l’heure de fermeture, qui passera de 23h00 à minuit, n’est qu’une "petite victoire" pour le secteur, qui espérait pouvoir garder portes ouvertes jusque 1h00 étant donné la baisse actuelle du nombre de personnes en soins intensifs.

Cette heure supplémentaire permettra de proposer deux services, estime-t-il.

Le port du masque restera d’application pour les clients et le personnel et le Covid Safe Ticket demeurera obligatoire pour pouvoir manger à l’intérieur, a décidé le comité de concertation vendredi. Les règles concernant la capacité de six personnes par table et l’interdiction de consommer debout sont inchangées. Le monde de la nuit et les discothèques (intérieur/dynamique) restent fermés.

En cas de code orange, le baromètre prévoit qu’il n’y a plus d’heure limite de fermeture. S’il passe au jaune, le CST ne sera plus nécessaire.

Pour Fabian Hermans, il est "inacceptable" que le baromètre, dont sa fédération a participé au développement avec le commissariat corona, affiche la couleur rouge alors qu’il aurait dû se parer d’orange. "Depuis le début de la crise, on se base sur les soins intensifs (500 lits, aujourd’hui moins de 350) et, aujourd’hui qu’on arrive au bout, on nous ajoute les hospitalisations et ça, c’est incompréhensible pour le secteur."

"C’est un scandale! Les autorités changent d’avis comme de chemise", lance le président de la fédération Horeca Bruxelles, se disant "écoeuré". Il se demande quelles autres décisions affectant le secteur seront prises lors du prochain Comité de concertation dans trois semaines.

"Encore une fois, ça va être l’horeca, la culture et les activités récréatives qui sont pénalisées et ça, c’est inacceptable", dit-il encore, dénonçant que le secteur de la nuit reste fermé, lui qui n’a pu ouvrir que six semaines depuis le début de la pandémie il y a près de deux ans.

Les traiteurs dans l’événementiel sont à l’arrêt, tout comme ceux touchés par le télétravail obligatoire au sein des entreprises, pointe le responsable, selon qui certains restaurateurs "meurent à petit feu".

La fédération Horeca Bruxelles regrette enfin qu’il n’ait pas du tout été question, lors de la conférence de presse suivant le Comité de concertation, du soutien financier au secteur horeca, durement touché par les mesures décidées ces derniers mois.

"C’est un premier pas dans la bonne direction", réagit, de son côté, Erik Beunckens, de la Fédération des cafés de Belgique. "Mais soyons clairs, ce n’est absolument pas suffisant."

La Pro League heureuse de la confiance du gouvernement

À partir de vendredi prochain, les matchs de football pourront en principe à nouveau être joués devant du public, bien que son nombre ne pourra pas dépasser 70% de la capacité totale du stade. La Jupiler Pro League réagit positivement à la nouvelle et se réjouit de la confiance témoignée par le gouvernement.

"Nous sommes heureux pour les fans, car ils ont été privés de football", a déclaré Stijn Van Bever, porte-parole de la Jupiler Pro League. "Nous sommes également satisfaits pour les clubs, car ils ont perdu beaucoup de revenus sur le plan financier. Enfin, nous sommes également satisfaits de la confiance du gouvernement, car nous avons toujours travaillé de manière constructive avec lui. En outre, la Jupiler Pro League a été la première instance où le CST (Covid Save Ticket) a été introduit à grande échelle."

Le sport amateur francophone heureux du retour du public, même limité

Le public va pouvoir revenir -en quantité limitée néanmoins- aux abords des stades et des salles du sport amateur, dès le 28 janvier, selon les modalités du code rouge du baromètre corona décidé vendredi en Comité de concertation. "Nous venions de zéro, on se réjouit donc de cette décision", déclare Serge Mathonet, directeur de l’AISF-AES, l’Association interfédérale du sport francophone.

"La mise en pratique du comptage du nombre de personnes ne sera peut-être pas toujours aisée en extérieur et nous attendons évidemment encore le texte officiel mais nous estimons avoir été entendus", estime M.Mathonet.

La culture salue les avancées permises par le baromètre mais pointent aussi ses faiblesses

Les événements publics, comme les pièces de théâtre, seront autorisés à l’intérieur et à l’extérieur, selon le code rouge du baromètre corona approuvé vendredi par le Comité de concertation. Le CST sera obligatoire à partir de 50 participants ou spectateurs en intérieur et 100 en extérieur. Pour les salles de plus de 200 places, un taux d’occupation de 70% sera autorisé. La proportion pourra même passer à 100% si la qualité de l’air est maintenue en dessous de 900 ppm de CO2, ce qui démontre une ventilation optimale.

Ce taux d’occupation proportionnel et le CST obligatoire à partir de 100 participants au lieu de 50 pour les activités en extérieur sont une "belle avancée" pour la directrice de l’Association des centres culturels, Patricia Santoro, qui souligne parler au nom du secteur des centres culturels et non en celui de la totalité du secteur culturel.

Elle déplore néanmoins des incohérences en ce qui concerne les activités à l’intérieur. "Les mesures sont exactement les mêmes que l’on soit assis et silencieux, que l’on crie ou que l’on chante. C’est la même chose dans un théâtre ou dans une salle de sport", pointe-t-elle. Elle ajoute que le baromètre est, selon elle, "discriminatoire par rapport aux autres secteurs" auxquels moins de contraintes sont imposées.

Mme Santoro regrette également le manque de prévisibilité qu’induit le baromètre. "On sait ce qu’implique le code rouge mais on ne sait pas quand on va passer en code orange", illustre-t-elle.

De son côté, la secrétaire générale de la Fédération des employeurs des Arts de la scène (FEAS), Françoise Havelange, s’est montrée satisfaite, au journal de RTL, du baromètre mis au point par les autorités. "Nous sommes soulagés. Il permettra la réouverture d’un grand nombre de lieux culturels dans des conditions raisonnables et économiquement acceptables." Elle voit également dans cette nouvelle mesure, qui entrera en vigueur dès vendredi prochain, un signal "positif pour la population". "Cela montre bien, comme nous le disons depuis très longtemps, que nous pouvons accueillir le public en toute sécurité."

Malheureusement, déplore-t-elle, "tout le monde ne va pas pouvoir rouvrir. Je pense en particulier à la culture indépendante, qui exige une programmation à beaucoup plus long terme". La secrétaire générale de la FEAS s’est également inquiétée du flou qui entoure les concerts debout, qui n’ont pas été abordés par les ministres du pays vendredi soir.

Enfin, elle estime, elle aussi, que les critères pour passer d’un code à l’autre du baromètre doivent être clarifiés. Pour déterminer le code applicable, le Comité de concertation a indiqué qu’il tiendrait compte, outre de la pression exercée sur les soins de santé, d’une évaluation globale de la situation épidémiologique et accorderait une attention particulière à la santé mentale.

Mais, globalement, "on a plus le sentiment qu’il y a une gestion de risque, avec l’appréciation des différentes activités: celles qui ne présentent aucun danger et celles qui peut-être peuvent être un peu plus compliquées", poursuit Mme Havelange. "Ce n’est pas une réouverture tous azimuts, mais raisonnable, prudente", conclut-elle.

Le secteur événementiel mitigé sur le baromètre

Le secteur événementiel se montre mitigé sur l’introduction du baromètre corona, confirmée vendredi par le Comité de concertation. "Grâce à ce baromètre, il y a une perspective pour les performances ‘live’, mais cela ne satisfait pas tout le secteur", estime l’organisation Event Confederation.

Celle-ci souligne que l’objectif est de ne plus jamais devoir refermer et d’évoluer vers le code orange dès la mi-février. "Nous devons tout faire pour que d’ici-là les événements dynamiques en intérieur, comme des événements de réseau et des concerts, puissent être organisés le plus rapidement possible. Nous appelons le commissariat corona à se concerter avec nous dans les prochains jours pour définir des normes et faire que la position concurrentielle de nos entreprises ne soit pas affectée par le baromètre."

Event Confederation souligne en outre l’importance de la ventilation et va anticiper les normes en la matière. Le secteur demande cependant aux autorités de se montrer compréhensives et qu’il ne soit pas traité plus sévèrement que les autres secteurs.

L’organisation plaide enfin pour le maintien des aides.