Codeco du mercredi 22 décembre 2021: "Sans la culture, l’horeca devra passer sa soirée tout seul"

C’est le statu quo pour l’horeca qui avait demandé une ouverture tardive lors des réveillons de Noël et de Nouvel An. Mais aujourd’hui, le secteur se dit surtout solidaire avec le monde culturel.

Céline Demelenne
Codeco du mercredi 22 décembre 2021: "Sans la culture, l’horeca devra passer sa soirée tout seul"
Le Codeco n’accède pas à la demande de l’horeca qui souhaitait rester ouvert un peu plus tard, lors des réveillons de Noël et de Nouvel An. ©Photo News

À l’approche des fêtes de fin d’année, l’horeca wallon avait demandé au Comité de concertation de pouvoir rester ouvert jusqu’à 2h lors des réveillons des 24 et 31 décembre. Il n’en sera finalement rien. Le Codeco de ce mercredi a en effet décidé d’un statu quo pour le secteur.

S’il s’agit d’un revers pour les hôtels, cafés et restaurants, Maxence Van Crombrugge, président de la Fédération horeca Wallonie, exprime surtout toute sa déception à propos des nouvelles fermetures qui touchent le monde culturel.

"Oui, le Codeco n’accède pas à nos demandes. Mais aujourd’hui, je ne vais pas faire la fine bouche alors qu’à côté, il condamne tout un secteur. Je suis content que les grands établissements horeca puissent encore avoir jusqu’à 100 voire 200 couverts pendant plusieurs heures. Mais je ne comprends pas pourquoi une salle de cinéma ne peut accueillir 100 ou 200 personnes également, a fortiori avec le port du masque."

Le président de l'horeca wallon le dit et le répète: il apporte tout son soutien à la culture. D'autant que, dit-il, ces deux secteurs sont "de vieux copains qui ont l'habitude de partager des soirées". Les cafés et restaurants subiront d'ailleurs inévitablement la fermeture des cinémas et des théâtres. "Si vous allez au cinéma, vous allez manger un bout après la séance. Et puis, il n'y a pas un théâtre qui ne se termine sans un verre. Sans la culture, l'horeca passera sa soirée un peu tout seul."

Beaucoup de fermetures

Quant à l’ouverture prolongée pour les réveillons, le secteur horeca ne se faisait guère d’illusion. Entre la fermeture des établissements à 23h et la programmation d’un Codeco décisif un 22 décembre, à seulement deux jours du réveillon de Noël, beaucoup de restaurateurs et de clients avaient déjà pris leurs dispositions.

L'idée de rester portes closes lors des réveillons a souvent été privilégiée. "Si je prends mon cas personnel, j'ai quatre établissements. Habituellement, on ferme uniquement le 25 décembre pour reprendre le 26. Et pour le Nouvel An, on ferme le 1er janvier pour rouvrir le lendemain. Cette année, je ferme deux établissements du 20 décembre au 6 janvier."

Au sein du secteur, ils sont nombreux à avoir fait le même choix. Pour une question de rentabilité d'abord: " Au vu des conditions actuelles, si c'est pour perdre de l'argent et tirer la tête, autant fermer et permettre au personnel de souffler. " Les mesures sont en effet de plus en plus difficiles à entendre, pour ces professionnels mais aussi pour leurs clients. "Je pense qu'aujourd'hui, le public attend de nous une relative souplesse, dans des proportions raisonnables..." Les conditions actuelles permettent difficilement de rencontrer ces attentes. "Lors du réveillon de Noël, on célèbre aussi l'humanité quelque part, on se souhaite des bons vœux. Alors, est-ce qu'un restaurateur doit vraiment mettre tout le monde dehors à 23h pile?"

Comme beaucoup de ses confrères, Maxence Van Crombrugge estime que le personnel est à bout. "Il y a trop d'incertitudes, on ne sait pas où on va. Il y a une fatigue mentale qui s'installe. Alors autant fermer en espérant vivre autre chose en 2022." Derrière cette décision se cache aussi une forme de lucidité. "L'idée est de se dire: autant se reposer maintenant, car on sait qu'on devra continuer le combat dès le mois de janvier."

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