Yves Coppieters à propos du masque pour les enfants dès 6 ans: "Un cadeau pour la Flandre"

L’épidémiologiste et professeur de Santé publique à l’ULB Yves Coppieters est revenu sur les dernières mesures prises par le Codeco. Il exprime son scepticisme par rapport à l’efficacité de certaines d’entre elles.

Maude DESTRAY
Yves Coppieters à propos du masque pour les enfants dès 6 ans: "Un cadeau pour la Flandre"
©Reporters/QUINET

Invité de l'émission " Il Faut Qu'on Parle " ce vendredi matin sur DH Radio, Yves Coppieters regrettait déjà des mesures prises dans l'urgence. Au terme de la conférence de presse du Codeco et l'annonce des dernières décisions, l'homme se montre toujours aussi sceptique.

"Comme à chaque fois, on ne peut que s’étonner des mesures qui sont finalement prises par rapport à celles qui étaient initialement préconisées. Mais, mon hypothèse, c’est qu’ils se sont rendu compte que nous étions arrivés à un plateau au niveau des contaminations et il était donc plus facile de faire des compromis".

Quant à savoir si ces mesures ont réellement du sens, rien n'est moins sûr: "Il faut gagner en efficacité, ça c'est clair. Après, je ne peux pas vous dire si les mesures sont bonnes ou non. Je pense en tout cas qu'elles arrivent déjà trop tard. Le choix de l'hybride pour les secondaires, c'est un choix courageux mais il ne reste pas beaucoup de temps avant les vacances et il y aura quand même les examens qui se tiendront en présentiel donc ça ne va pas changer grand-chose."

Yves Coppieters reconnaît toutefois que les mesures contribueront à une réduction des contacts sociaux car il y aura moins de déplacements: "Il peut, grâce à ça, y avoir un vrai gain".

L’ensemble de la société concerné

Il s'étonne également que seulement certains secteurs soient visés plutôt que l'ensemble de la société. "Je ne comprends pas très bien les priorités du gouvernement. Pour moi, la priorité, c'est celle que tout le monde peut suivre, sans exception: respecter les gestes barrières et limiter ses contacts sociaux privés. Et ensuite, la troisième dose pour les personnes à risque. On a mis trop de responsabilité sur les écoles. La solution de fermer plus vite les classes en cas d'élèves positifs et de laisser ouvertes celles où ça marche bien, était suffisant. Et c'est très paradoxal car, à la fois, on pointe les écoles comme le grand responsable de la situation actuelle et puis, on prend de petites mesures."

Autre secteur qui ne méritait pas, selon l'épidémiologiste, de se voir à nouveau pointer du doigt, c'est celui de la culture. "La semaine passée, c'était les boîtes de nuit. Maintenant, ce sont les lieux culturels à qui on dit 'vous n'êtes pas capables de gérer'. Alors que les protocoles fonctionnaient bien."

Quant à l'obligation du port du masque pour les enfants dès 6 ans, si Yves Coppieters ne rejette pas l'idée, il reste dubitatif face à l'application de la mesure. "On peut le comprendre d'un point de vue épidémiologique et les experts disent qu'il n'y a pas de répercussion sur l'apprentissage. Tant mieux. Mais je ne suis pas certain que dans la pratique, les enfants puissent bien porter leur masque toute la journée. Je vois plutôt ça comme un cadeau fait à la Flandre".

«Pas du tout au bout de la 4e vague»

L'épidémiologiste ne peut qu'exprimer ses craintes face à la communication du gouvernement. Selon lui, plusieurs messages risquent d'être mal compris par la population. "Quand on dit que l'on prend certaines mesures mais qu'on n'y croit pas totalement pour autant, que ce n'est pas une décision que l'on aurait personnellement prise… On crée la confusion: pourquoi le faire alors? Il faut faire attention à ce qu'on dit." Il a aussi peur que le public comprenne mal les annonces quant à l'atteinte du sommet des contaminations. "On n'est pas du tout arrivé au bout de la quatrième vague! Seulement peut-être au max des contaminations à la journée. Les hôpitaux, eux, vont continuer à se plaindre pendant encore plus d'un mois car ça prend du temps de sortir des soins intensifs. Les mesures prises n'auront aucun effet là-dessus."