Réactions après le Codeco du 3 décembre 2021: entre "soulagement" et "déception"

Plusieurs secteurs, qui échappent aux nouvelles mesures décidées par le Codeco de ce vendredi 3 décembre 2021, se disent soulagés. Pour d’autres, on reparle des aides qu’il faudra apporter.

Réactions après le Codeco du 3 décembre 2021: entre "soulagement" et "déception"

Unizo: «Logique que la plupart des mesures concernent les écoles»

Pour la fédération patronale flamande Unizo, il est logique que le Comité de concertation ait pris des mesures vis-à-vis des écoles "vu qu'elles sont le moteur de la vague des contaminations actuelles".

Il est logique aussi, selon le patron de l’Unizo Danny Van Assche, qu’il n’y ait pas de mesures supplémentaires pour l’horeca, le commerce de détail ou encore les centres de fitness "où les mesures de précaution maximales prévalent".

L’Unizo plaide de nouveau pour un "soutien maximal" aux secteurs durement touchés comme les discothèques, les secteurs de l’événementiel ou de la culture.

La fédération des prestataires de mariage très satisfaite

La fédération des prestataires de mariage est extrêmement satisfaite, réagit sa représentante Isabelle Ghosez.

Les autorités ont décidé de ne pas imposer de mesures supplémentaires pour l’organisation de mariages. Les mesures actuelles, telles que la présentation du CST (Covid Safe Ticket) et le port du masque buccal, restent en vigueur.

Le Comité de concertation a décidé vendredi d'interdire provisoirement tous les regroupements et activités privés à l'intérieur, mais à l'exception des mariages notamment. "Nous sommes probablement l'un des rares secteurs à être vraiment satisfait aujourd'hui", commente Isabelle Ghosez. "Peu de chose changeront pour nous et c'est très positif. Des mesures plus strictes auraient entraîné une grosse perte financière tant pour les couples que pour les fournisseurs au mois de décembre".

Depuis l’instauration du CST et du port obligatoire du masque buccal lors des mariages, plus aucune annulation n’a été enregistrée par les prestataires. "Nous constatons que les gens en ont marre de reporter leur fête et qu’ils s’adaptent donc aux mesures actuelles", explique la représentante de la fédération. "Certains ont dû reporter leur mariage jusqu’à quatre fois".

Le secteur reste toutefois prudent pour le début de l’année 2022. "Nous espérons que les nouvelles mesures feront baisser les chiffres de la pandémie et qu’il n’y aura pas de mesures plus strictes", ajoute Isabelle Ghosez.

«Un soulagement», pour le SNI

"Nous nous réjouissons qu’aucune restriction supplémentaire n’ait été prise sur l’horeca ni sur les commerces. Ça aurait été un nouveau coup très dur avant les fêtes de fin d’année pour ces deux secteurs", a réagi vendredi le Syndicat neutre pour indépendants (SNI), à l’issue du Comité de concertation (Codeco).

Le SNI déplore toutefois l’interdiction de la tenue d’événements de plus de 200 personnes en intérieur. "Le secteur événementiel, qui a déjà énormément souffert depuis 1,5 an va à nouveau subir un choc très important", estime-t-il.

Le SNI demande dès lors que le gouvernement fédéral et les régions accélèrent le retour de mesures de soutien pour l’ensemble des secteurs touchés. Il souhaite également que les autorités fassent preuve de ‘self-control’et évitent ce ‘football panique’extrêmement préjudiciable à l’activité économique.

"Cette séquence de trois Codeco en à peine trois semaines donne la très mauvaise impression d’un ‘football panique’de la part des décideurs politiques. C’est extrêmement préjudiciable à l’activité économique et aux entrepreneurs qui ont besoin de certitudes. Il faut maintenant se tenir à ces règles", conclut l’organisation d’indépendants.

«Il est urgent de remettre sur la table la question des aides» (UCM)

Pour l’Union des classes moyennes (UCM), il est urgent de remettre sur la table la question des aides financières, fait savoir l’association francophone de défense des indépendants en réaction au Comité de concertation tenu vendredi. L’UCM fustige également l’"instabilité" provoquée par l’organisation de trois Codeco successifs, les querelles politiques et les annonces anxiogènes qui nuisent au bon déroulement de la vie économique.

L’UCM se félicite du maintien de l’ouverture de l’horeca aux heures fixées la semaine passée (fermeture à 23h, NDLR), même si les conditions y restent "compliquées".

L’Union des classes moyennes urge "de remettre sur la table la question des aides", au vu du coup porté à l’événementiel, à la culture (limitation fixée maintenant à maximum 200 personnes, NDLR), au sport, auquel s’ajoute le télétravail et les fermetures d’écoles. "Les entrepreneurs devront bénéficier d’un soutien adéquat, fédéral et régional, au-delà du 31 décembre. Le moratoire de fait sur les faillites (ONSS et administrations fiscales font preuve d’une certaine patience) garde tout son sens tant que la reprise n’est pas solide pour tout le monde."

Enfin, l’UCM rappelle son souhait d’une vaccination généralisée, principale porte de sortie de la crise épidémique.

Fermeture des écoles: la Ligue des familles s’interroge sur la «proportionnalité des efforts»

Les écoles maternelles et primaires fermeront dès le 18 décembre prochain, une semaine avant les congés de Noël. Pour la Ligue des Familles, la décision est douloureuse même s'il s'agit d'"un moindre mal" par rapport à ce qui avait été annoncé au départ. + LIRE ICI

La ministre de la Culture attend un geste des autres niveaux de pouvoir

La ministre de la Culture en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bénédicte Linard, a réclamé vendredi des autres niveaux de pouvoir qu’ils prennent aussi leur part pour soutenir le secteur, pour qui la limitation des jauges décidée par le comité de concertation est "un nouveau coup dur".

"Maintenir la culture ouverte (musées, théâtres, cinémas, etc.) était essentiel tant pour le public que les professionnels, même si la limitation des jauges est un nouveau coup dur pour le secteur culturel, à l’image des restrictions qui touchent l’ensemble de notre société", a commenté la ministre Ecolo.

Mme Linard fait observer que depuis le début de la crise, la Fédération a déjà dégagé plus de 100 millions d’euros d’aide pour soutenir le secteur. "J’attends des autres niveaux de pouvoir qu’ils prennent aussi leur part", dit-elle.

De nouvelles concertations avec le secteur sont prévues dès lundi.

"La culture fait partie de la solution en permettant de tisser des liens et de nous évader, mais aussi de réfléchir à ce que nous vivons aujourd’hui. Il est essentiel de lui permettre de continuer de rencontrer tous ses publics", plaide la ministre francophone.

Cinémas: «le plus important est que nous puissions rester ouverts»

La Fédération des cinémas de Belgique (FCB) s’est dite soulagée de pouvoir garder les portes de ces différentes salles de projection ouvertes, tout en avouant ne pas savoir sur quel pied danser face au manque d’informations présentées pour son secteur lors du Comité de concertation tenu vendredi, a réagi Thierry Laermans, secrétaire général de la FCB.

"Nous sommes bien conscients qu’au vu de la situation sanitaire, certaines mesures de réduction de capacités dans les salles allaient être prises, mais le plus important est que nous puissions rester ouverts", se réjouit M. Laermans.

Le Comité de concertation a décidé de renforcer les mesures déjà existantes (Covid safe ticket, masques, ventilation) en limitant, comme pour le reste du secteur culturel, le nombre de public à 200 personnes maximum.

Néanmoins, pour le FCB, si ce maintien de l’ouverture des salles est une bonne chose, le manque d’informations pratiques exposées lors du Codeco reste source d’inquiétudes. "Est-ce que les gens pourront retirer leur masque pour manger et boire, et donc est-ce que les échoppes de nourriture et de boissons pourront ouvrir?", s’interroge le secrétaire général, qui prévient qu’une telle interdiction rendrait "les choses très difficiles économiquement".

Selon lui, le secteur du cinéma aura de toute façon encore besoin de mesures d’aide. "On n’est jamais retourné, pour diverses raisons à 100% de nos capacités, depuis le début de la pandémie, et avec la très importante période des fêtes qui se profilent dans un climat compliqué, cela reste nécessaire", explique Thierry Laermans.

Le groupe Kinepolis s’est lui aussi satisfait des mesures dont "l’impact sur ses cinémas restera relativement limité", a réagi Anneleen Van Troos, responsable communication de la société. "Nous avions déjà pris quelques mesures supplémentaires, comme laisser un siège libre à gauche et à droite entre les différentes bulles, et n’avions qu’un petit nombre de théâtres où nous recevions finalement plus de 200 visiteurs", du fait de cette distanciation sanitaire imposée.

Pour le secteur de l’événementiel, le climat d’incertitude est insoutenable

L’incertitude liée aux mesures de précaution sanitaire est devenue insoutenable pour le secteur de l’événementiel, qui ne "tourne plus que pour pouvoir payer les frais d’annulation", a réagi l’organisation faîtière des fédérations du secteur de l’événementiel Event Confederation, à l’issue du dernier Comité de concertation (Codeco).

Pour le secteur de l’événementiel, déjà soumis à des mesures strictes (comme le port du masque, le Covid Safe Ticket, la ventilation, etc.), il s’agit d’un nouveau coup dur. "Pour la troisième semaine consécutive, le secteur tourne pour pouvoir payer les frais d’annulation, sans dédommagements", se désespère Bruno Schaubroeck, de l’Event Confederation.

L’organisation faîtière regrette surtout "l’absence de vision à long terme" pour le secteur de l’événementiel "qui pourra difficilement survivre" dans ces conditions et attend un "soutien spécifique" de la part du gouvernement.

La CGSP-Enseignement se dit «très déçue» des mesures adoptées par le Codeco

La CGSP-Enseignement s’est dit vendredi soir "très déçue" par les mesures décidées par le comité de concertation concernant l’école, estimant que celles-ci n’allaient finalement que peu influer la situation sanitaire.

"On décide d’imposer le port du masque dès 6 ans. Mais en Flandre, où le masque a déjà été imposé depuis plusieurs semaines (en 5e et 6e primaire, ndlr), le taux de contamination y est plus fort que dans les écoles francophones. Je ne suis donc pas convaincu que ce sera une mesure efficace. Ce sera en plus très compliqué avec les tout petits", prédit le syndicaliste.

Ce dernier ne se réjouit pas plus de la décision d’imposer l’hybridation des cours dans le secondaire.

Massivement pratiqué depuis le début de la pandémie, celui-ci a provoqué beaucoup de dégâts psycho-sociaux pour de nombreux élèves, rappelle M. Thonon.

Le bénéfice sanitaire de cette mesure sera en outre limité par le fait que certaines écoles, qui sont autorisées à organiser leurs traditionnels examens de Noël dès le 13 décembre prochain, ne la pratiqueront finalement que très peu de temps.

Enfin, l’anticipation des vacances de Noël d’une semaine n’apportera ses bénéfices sanitaires que d’ici deux semaines seulement, alors que la pandémie est à plein régime, relève M. Thonon.

"Ça vient donc un peu tard. Cette mesure sera-t-elle donc vraiment efficace? Je ne pense pas", ajoute le président de la CGSP-Enseignement.

"Au final, toutes ces décisions vont mettre les équipes pédagogiques encore plus en difficultés, alors qu’elles le sont déjà fortement vu les absences de profs, etc. Je crois donc que toutes ces mesures ne vont pas arranger les choses…"

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