COP26: des avancées réelles mais un manque d’ambition "spectaculairement inadmissible"

La COP26 s’est achevée samedi avec un "bilan très mitigé qui offre toutefois des perspectives. La mécanique complexe de la décision mondiale et la frilosité voire le conservatisme de certains Etats ont toutefois fortement limité les avancées réelles", a jugé dimanche le: ministre wallon de l’Energie et du Climat.

COP26: des avancées réelles mais un manque d’ambition "spectaculairement inadmissible"
©© Jacques Duchateau

Dans un communiqué, le chef de file des écologistes au gouvernement wallon a souligné qu’il importait de continuer d’avancer.

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Pour lui, le Pacte de Glasgow est marqué par quelques avancées significatives dont la réaffirmation de l’ambition environnementale de l’Accord de Paris de limiter la hausse de température à 1,5°C.

"… Dans les aspects positifs du Pacte de Glasgow, absent dans l’Accord de Paris (2015), il faut noter la référence à la sortie du charbon et du pétrole. Le texte adopté appelle à "intensifier les efforts vers la réduction du charbon sans systèmes de capture (de CO2) et à la sortie des subventions inefficaces aux énergies fossiles", a ajouté le ministre wallon.

Un regret, parmi d’autres de Philippe Henry: le Financement Climatique International à hauteur de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 n’a pas été atteint jusqu’ici. Le Pacte de Glasgow invite les parties à doubler leurs engagements d’ici 2025. A son échelle, la Wallonie a augmenté son niveau d’engagement de 50%, passant de 8,25 à 12,50 millions d’euros dès l’année 2022.

"Ce financement international doit être équilibré entre les mesures visant l’atténuation (réduire les émissions) et celles visant l’adaptation. Sur ce dernier volet, la décision finale de la COP26 a permis d’augmenter le financement de l’adaptation. Il s’agit ici de renforcer la protection des plus vulnérables. Cela a une dimension particulièrement importante en lien avec les événements climatiques du mois de juillet dernier en Wallonie", a-t-il souligné.

Cela est également à mettre en relation avec le thème clef des "Pertes et préjudices" (Loss and damage). Le ministre Henry qui participe aux COP depuis son premier mandat de ministre en 2009, a mené les négociations au nom de l’Union européenne sur les pertes et préjudices, "un moment important, en relation avec les conséquences des inondations de juillet en Wallonie".

Selon le ministre wallon, la Belgique a aussi joué un rôle majeur dans la finalisation des règles techniques visant à opérationnaliser l’Accord de Paris. Il manquait celles relatives à l’article 6 concernant les mécanismes de coopération et qui permettent aux Etats, voire à d’autres entités, de réaliser les mesures d’atténuation là où elles sont les plus efficaces. "Nous avons veillé à éviter que les règles ne permettent de déroger à la mise en œuvre de mesures directes aux bénéfices des citoyens et de leur consommation énergétique et contribué à mettre en place des balises garantissant l’intégrité environnementale et évitant des impacts sociaux inacceptables pour les plus vulnérables. Mais Il faudra rester vigilant dans la mise en œuvre de cet accord", a-t-il commenté à ce propos.

Le ministre Henry a par ailleurs précisé qu’en marge des négociations, il a multiplié les rencontres (notamment avec les pays de la Francophonie, le Benelux ou l’agence IRENA pour les énergies renouvelables) ainsi que l’organisation et la participation à des événements (par exemple sur l’hydrogène vert ou les processus participatifs citoyens).

"En étroite collaboration avec l’Agence Wallonne à l’Exportation (AWEX) et Wallonie Bruxelles International (WBI), nous avons également contribué à un volet économique, impliquant une quinzaine d’entreprises wallonnes, expérimentées dans le domaine de la construction et le bâtiment durable", a-t-il encore dit.

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