Conflit en Afghanistan: une centaine de Belges se sont signalés auprès de l’ambassade au Pakistan

Une centaine de personnes revendiquant leur nationalité belge se sont signalées auprès de l’ambassade de Belgique au Pakistan, également responsable pour l’Afghanistan, souhaitant revenir en Belgique, a indiqué lundi la ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, en confirmant l’envoi d’avions militaires belges pour une opération d’évacuation.

Conflit en Afghanistan: une centaine de Belges se sont signalés auprès de l’ambassade au Pakistan

«Nous parlons d’une centaine de personnes au total», disposant souvent d’une double nationalité et de leurs ayant-droits, a-t-elle affirmé à plusieurs médias, dont la RTBF-radio et la VRT-radio ainsi que sur la chaîne d’information en continu LN24. Ce qui représente une cinquantaine de familles souhaitant un retour «rapide» en Belgique.

«Aujourd’hui, l’ambassade a eu contact avec une centaine de personnes. Au vu de l’évolution rapide de la situation, de plus en plus de personnes se font connaître au niveau de l’ambassade. Ce chiffre pourrait encore évoluer avec le temps», a ajouté la cheffe de la diplomatie belge et vice-Première ministre MR.

Mme Wilmès a souligné que la Belgique pourrait également accorder des visas humanitaires à certaines personnes qui ont travaillé pour la Défense belge - qui a été présente en Afghanistan de mars 2002 à juin dernier - ou pour les organisations européennes présentes sur place.

Le gouvernement fédéral souhaite dépêcher «le plus rapidement possible» des avions de transport pour assurer l’évacuation de ces personnes, a-t-elle poursuivi.

Trois avions pour une opération d’évacuation de Kaboul

Le gouvernement a donné lundi son feu vert à l’envoi de trois avions militaires pour participer à une opération d’évacuation au départ de l’Afghanistan, a indiqué le cabinet du Premier ministre Alexander De Croo à l’agence Belga, alors que le chaos s’est installé sur l’aéroport de Kaboul.

Il s’agira de trois avions de transport - l’un des nouveaux Airbus A400M et deux C-130H Hercules en fin de carrière - a-t-on précisé de même source, en ajoutant que la décision avait été prise par le comité ministériel restreint (»kern», qui réunit les principaux ministres du gouvernement fédéral) sur proposition de M. De Croo (Open Vld).

Ces appareils font partie de l’offre, portant sur quatre avions au total du 15e wing de transport aérien de Melsbroek, proposée par la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS) qui a également indiqué en matinée que son département préparait un détachement NEO (»non-combatant evacuation operation»).

«La situation en Afghanistan évolue rapidement. La première priorité est la sécurité des Belges sur le terrain. Le kern a décidé, pour cette raison, de donner son feu vert à une opération d’évacuation par la Défense», a précisé le cabinet du Premier ministre.

«Le kern se réunit ce soir pour aborder la situation en Afghanistan de manière plus approfondie», a précisé l’entourage du chef du gouvernement.

Cette réunion était initialement convoquée pour préparer le comité de concertation de vendredi à propos de l’évolution de la crise sanitaire liée au coronavirus, un sujet qui reste sur la table des ministres.

Selon Mme Dedonder, «une partie du détachement NEO se tient également prêt à aider à organiser une évacuation depuis l’aéroport de Kaboul».

L’armée belge maintient en permanence en «stand by» des capacités aérienne et terrestre pour effectuer de telles opérations NEO d’évacuation d’expatriés d’une zone en crise - l’une des tâches fixées aux forces armées par le gouvernement. Des exercices réguliers sont organisés sur ce thème, soit en Belgique, soit à l’étranger, avec une prédilection pour l’Afrique, le théâtre le plus probable pour de telles interventions.

Le dernier déploiement en date - resté «préventif», sans intervention réelle - remonte au printemps 1997 lorsque la Belgique avait déployé des troupes au Congo-Brazzaville lors de l’avancée de la rébellion qui a conduit au renversement du dictateur zaïrois Mobutu Sese Seko et à l’arrivée au pouvoir à Kinshasa de Laurent-Désiré Kabila à la tête de la République démocratique du Congo (RDC).

Des nombreux pays occidentaux ont dépêché des moyens militaires à l’aéroport international de Kaboul - dont une partie a été protégée durant des années par des troupes belges - pour évacuer leurs ressortissants. C’est notamment le cas des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et des Pays-Bas.

Mais l’afflux massif d’Afghans candidats au départ dans l’enceinte de l’aéroport international Hamid Karzaï (du nom d’un ancien président afghan) et sur les chemins de roulage complique singulièrement les opérations aériennes. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des hommes s’agrippant à un avion de transport C-17 américain au roulage et deux en tomber alors que l’avion a décollé.

«Concernant les interprètes et les collaborateurs afghans ayant travaillé pour les intérêts belges, ils ont la possibilité de se faire connaitre auprès de nos autorités. Ces personnes étaient également souvent employées par d’autres nations. Ils auront aussi l’opportunité de demander un visa pour un autre pays», a souligné Mme Dedonder.

Vigilance renforcée à Anvers

La vigilance a été renforcée à Anvers à la suite de la situation en Afghanistan où les talibans ont rapidement repris le pouvoir. «La ville connaît une forte communauté afghane», a indiqué un porte-parole du bourgmestre Bart De Wever. «Notre principal souci est que ce conflit étranger ne soit pas importé à Anvers.»

La communauté afghane est la septième plus importante de la Métropole avec actuellement 8.164 Anversois ayant des racines afghanes. De quoi justifier, selon les autorités locales, un suivi, de la part de l’administration et la police, de la situation en Afghanistan et de son impact éventuel sur la communauté locale.

La Ville ne tolèrera par exemple aucun commentaire encensant les talibans. «Nous voulons rester alertes et nous allons donc renforcer la vigilance à l’échelon local. Mais nous attendons également que le gouvernement fédéral sollicite l’OCAM (Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace, NDLR) pour réaliser une analyse de la menace», ajoute le porte-parole.

© 2022 Belga. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Belga. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de Belga.