Coronavirus: la Belgique interdit les voyageurs en provenance d’Inde, du Brésil et d’Afrique du Sud

Covid-19: voyager vers la Belgique en provenance de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud n’est désormais plus possible.

Coronavirus: la Belgique interdit les voyageurs en provenance d’Inde, du Brésil et d’Afrique du Sud

La Belgique a décidé ce mardi de fermer temporairement ses portes aux voyageurs d’Inde, du Brésil et d’Afrique du Sud vu la circulation de variants virulents du coronavirus dans ces pays.

Le transport de passagers par avion, train, bateau et bus, y compris le transit, en provenance de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud vers la Belgique sera interdit. Un arrêt ministériel en ce sens devrait être publié dans les plus brefs délais.

Seul un nombre très limité de mouvements essentiels sera encore autorisé, à savoir les déplacements professionnels du personnel de transport et des marins ainsi que les voyages des diplomates, du personnel appartenant à des organisations internationales et des personnes invitées par des organisations internationales dont la présence physique est indispensable au bon fonctionnement de ces organisations, dans l’exercice de leurs fonctions.

Les déplacements autorisés ne seront possibles que sur présentation d’une attestation délivrée par l’employeur et sur présentation d’une attestation délivrée par le poste diplomatique ou consulaire belge s’il est prouvé que le voyage est essentiel.

Des règles de test et de quarantaine plus strictes s’appliqueront par ailleurs au retour de ces pays.

Et pour les Belges et les résidents en Belgique?

Les personnes qui ont la nationalité belge, ainsi que les personnes qui ont leur résidence principale en Belgique, peuvent revenir d’Inde, du Brésil et d’Afrique du Sud en Belgique. Toutefois, il leur est fortement déconseillé de se rendre dans ces pays.

Pour les non-résidents en Belgique qui se rendent depuis l’Inde vers notre pays et y séjournent moins de 48 heures, ou si un ressortissant de Belgique se trouve en Inde depuis moins de 48 heures, l’exception aux règles de dépistage et de quarantaine ne sera plus applicable.

Les mêmes règles plus rigoureuses s’appliquaient déjà à l’Amérique du Sud, à l’Afrique du Sud et au Royaume-Uni.

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Le variant «indien» suscite encore des interrogations

L’aide internationale d’urgence a commencé ce mardi à parvenir à l’Inde, submergée par une vague épidémique d’une gravité sans précédent depuis le début de la crise mondiale, au moment où le Brésil, autre pays parmi les plus touchés, s’est opposé à l’importation du vaccin russe Spoutnik V.

Epicentre de la pandémie de coronavirus depuis plusieurs jours avec un variant «indien» encore mal identifié, le pays le plus peuplé de la planète après la Chine enregistre quotidiennement de nouveaux records.

Hier, il a fait état d’un record mondial de 352.991 nouvelles contaminations et un record national de 2.812 décès, entraînant la première aide internationale d’ampleur depuis le début de la crise sanitaire.

Ce mardi, un total de 323.144 nouvelles contaminations et 2.771 décès ont été enregistrés, portant ainsi le nombre total de contaminations à 17,6 millions tandis que 197.894 personnes avaient succombé au virus.

Les personnels de santé et les familles de malades de tous âges sont désespérément en quête d’oxygène, de respirateurs, de lits, de civières. A Delhi, agglomération la plus touchée et actuellement confinée, certains font en rickshaw le siège des hôpitaux saturés avec leur proche mourant, dans une complète détresse.

La situation en Inde est «plus que déchirante», a résumé lundi le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a fourni des équipements essentiels au pays de 1,3 milliard d’habitants.

La première cargaison d’aide médicale britannique, contenant notamment 100 ventilateurs et 95 concentrateurs d’oxygène, a atterri mardi à Delhi. Au total, neuf conteneurs avec 495 concentrateurs d’oxygène, 140 respirateurs seront envoyés cette semaine, selon le Haut Commissariat britannique à New Delhi.

D’ici la fin de semaine, la France aura envoyé huit unités de production d’oxygène et des conteneurs d’oxygène permettant d’alimenter jusqu’à 10.000 patients sur une journée, ainsi que du matériel médical spécialisé contenant notamment 28 respirateurs, selon l’ambassade de France.

Les Etats-Unis se sont eux engagés à envoyer des composants pour la production de vaccins, des équipements de protection, des tests à diagnostic rapide, ou encore des respirateurs.

L’Union européenne a promis de fournir, via son Mécanisme européen de protection civile, une «assistance» à l’Inde. La chancelière allemande Angela Merkel a aussi annoncé une aide d’urgence, de même que l’Australie.

Le gouvernement du nationaliste hindou Narendra Modi est depuis plusieurs jours la cible de critiques pour sa gestion de la crise; Twitter a, à sa demande, supprimé des dizaines de tweets accusateurs.

Le variant «indien» suscite encore des interrogations. L’OMS note que l’on ne sait pas encore si «les rapports faisant état d’une mortalité élevée sont dus à la gravité accrue du variant, à la mise à rude épreuve des capacités du système de santé en raison de l’augmentation rapide du nombre de cas, ou aux deux».

Ce variant a pour l’heure été détecté en Belgique, en Suisse, en Grèce et en Italie, au moment où plusieurs pays en Europe commencent à desserrer prudemment l’étau des restrictions. L’Italie a rouvert partiellement bars, restaurants et salles de spectacle lundi et les écoliers en France ont repris, pour les plus petits, le chemin de l’école.

Parallèlement, la liste des restrictions aériennes s’allonge. L’Australie a décidé mardi de suspendre jusqu’au 15 mai les vols en provenance d’Inde tandis que le Canada, aux Emirats arabes unis, au Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande ont déjà suspendu ou restreint leurs vols.