Coronavirus | Sophie Wilmès: «Ce fut pour moi un moment de grande désillusion»

Covid-19: interrogée par la commission spéciale dans le cadre de la gestion de la première vague de la pandémie, l’ex-Première ministre Sophie Wilmès a estimé que la Belgique est redevenue pendant quelques semaines un acteur isolé.

Coronavirus | Sophie Wilmès: «Ce fut pour moi un moment de grande désillusion»

«La solidarité européenne s’est éteinte pendant un moment» et a posé d’énormes problèmes en matière d’approvisionnement de matériel, a pointé ce vendredi l’ancienne Première ministre Sophie Wilmès devant la commission spéciale Covid de la Chambre.

«La vérité est que la Belgique est redevenue pendant quelques semaines un acteur isolé, au marché limité, dans une concurrence internationale totalement dérégulée», a-t-elle observé lorsque la première vague de la pandémie de Covid-19 a frappé la Belgique en 2020.

Un moment de grande désillusion

«Pendant quelques semaines, la force du marché européen a complètement arrêté de nous protéger. Ce fut pour moi un moment de grande désillusion. Nous devons absolument tout faire pour que cela ne se reproduise plus et qu’aucun Etat membre ne puisse être livré à lui-même au cœur d’une crise. Je ne dois pas rappeler ici les exemples multiples rapportés de rachat sur le tarmac même des aéroports de pays producteurs réorientant séance tenante les cargaisons. Ce déficit-là du cadre européen au cœur de la tempête, cette concurrence-là nous ont frappés de plein fouet.»

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Sophie Wilmès a ajouté ne pas «occulter l’inexistence d’un stock stratégique au niveau belge.» «Chaque niveau de pouvoir dispose de la capacité de constituer des stocks stratégiques dans ses compétences. De facto pendant la crise du coronavirus, le pouvoir fédéral a servi de centrale d’achat mais les entités se réservaient le droit de constituer des stocks de leur côté», a-t-elle indiqué.

«Pour rappel, il a été décidé en 2002 de constituer un stock stratégique de médicaments et d’équipements médicaux. Ce stock se concentrait sur la menace bioterroriste. Il était conservé dans plusieurs endroits, tant dans des casernes militaires que dans des entrepôts privés. Malheureusement, comme vous le savez, suite à des problèmes de conservation, les derniers masques ont été détruits», a-t-elle rappelé, sans préciser la raison pour laquelle ce stock, dépendant de la tutelle de la ministre de la Santé n’avait pas été renouvelé. Ce stock stratégique de masques a depuis lors été reconstitué.

«Un certain nombre de lignes d’approvisionnement ont été créées pendant la crise en Belgique et ailleurs en Europe. Il est indispensable de veiller à ce qu’elles restent actives. Un mécanisme européen devrait le garantir. Cette recommandation est aussi valable pour notre stock stratégique dont on doit veiller à ce qu’il soit correctement approvisionné et conservé dans de bonnes conditions. Il est également indispensable que les hôpitaux disposent eux aussi d’un stock de base en matériel de protection. Le stock stratégique sera ainsi un outil activable dans un second temps», a-t-elle fait valoir.

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