Exploitation des fonds marins: la Belgique en 2023 dans l’organe exécutif international

La Belgique sera en 2023 à la table du Conseil de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM), l’organe exécutif où se négocient les règles encadrant toutes les activités menées dans les fonds marins et leurs sous-sols situés au-delà des limites nationales, a annoncé jeudi la ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès.

Exploitation des fonds marins: la Belgique en 2023 dans l’organe exécutif international

«Dans les années à venir, des négociations cruciales sont prévues afin de parvenir à un règlement sur l’exploitation des fonds marins, un sujet d’importance stratégique sur le plan environnemental et économique», soulignent les Affaires étrangères dans un communiqué, en relevant notamment l’exploitation minière.

«La Belgique est déjà active depuis de nombreuses années sur le plan de la gouvernance de l’organisation en tant qu’observateur», indique Mme Wilmès. «Ce mandat de membre représente une opportunité de jouer un rôle plus actif dans la création d’un cadre juridique pour l’exploitation des ressources naturelles dans la zone des fonds marins dans les eaux non-territoriales.»

L’Autorité internationale des fonds marins est mandatée par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de Montego Bay de 1982 et par l’Accord de 1994 relatif à la partie XI de celle-ci. Le mandat décroché par la Belgique est actuellement d’une année, éventuellement renouvelable.

Dans un rapport en 2019, l’organisation environnementale Greenpeace alertait sur les dommages irréversibles que les machines d’extraction pourraient causer à la biodiversité des fonds marins, dont 0,0001% seulement ont fait l’objet d’études scientifiques à ce jour.

Aux yeux de Greenpeace, l’AIFM se concentre trop sur la promotion des intérêts de l’industrie minière ainsi que sur le lobbying contre un Traité océanique mondial fort. «Si la Belgique veut vraiment protéger les océans, nos futurs ministres doivent retirer leur soutien à l’exploration des fonds marins et appeler à un moratoire immédiat sur l’exploitation minière des grands fonds qui devra rester en place au moins jusqu’à ce qu’un réseau de réserves marines ait été constitué pour protéger un minimum de 30% de nos océans d’ici 2030», soutenait l’organisation.

La Belgique plaidera pour que le principe de précaution soit respecté lors de l’élaboration des règles d’exploitation, a indiqué Mme Wilmès. Le pays «accorde une grande importance au respect des normes environnementales les plus strictes pour l’exploitation des fonds marins, étant donné leur rôle crucial pour l’environnement et la biodiversité».

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