DéFI: s’implanter en Wallonie? «Pas une réussite» pour le moment

Lors d’une conférence à Liège en 2009, le FDF (Front démocratique des francophones) annonçait sa volonté de s’implanter en Wallonie. C’était 2 ans avant la scission avec le MR et 6 ans avant de devenir DéFI.

C.F.
DéFI: s’implanter en Wallonie? «Pas une réussite» pour le moment
Jonathan Martin, une «figure de terrain» sur laquelle le parti compte pour réussir son défi wallon. ©BELGA

Si le parti a été créé, il y a 50 ans, sur des problématiques liées à Bruxelles et sa périphérie (où DéFI fait aujourd’hui 10,5% des voix), les liens entre le FDF et la Wallonie ne sont pas neufs. Ils datent même des années 60’, lorsque le FDF et le Rassemblement wallon (RW) présentent des listes communes aux élections. Mais, depuis, les relations du parti amarante avec le sud du pays ont bien évolué. Jamais cependant la formation ne réussira à s’implanter réellement en solo.

2,2% en Wallonie

Aujourd'hui, «l'implantation de DéFI en Wallonie apparaît difficile électoralement», explique Maxime Counet, doctorant en sciences politiques à l'Ulg, auteur d'une étude sur le sujet. Comme en témoignent les derniers sondages où DéFI est crédité de 2,2% en Wallonie. «Pas lourd», reconnaît une figure de proue du parti. Mais l'implantation reste profitable financièrement, dit le chercheur, car les 50 000 électeurs wallons de DéFI permettent au parti d'accroître sa dotation publique fédérale (en 2015: 151 500€ sur 491 672€).

Peu importe, la direction de DéFI y croit. Elle en a même fait son objectif électoral: doubler le nombre de listes complètes en Wallonie et obtenir au moins un élu dans chaque grande ville.

«Pour les provinciales, nous avons déjà un conseiller dans le Brabant wallon. Nous voulons y doubler notre présence. C'est le terrain du Premier ministre (MR), il faut marquer des points», souligne Jonathan Martin, le n° 2 du parti.

Droitisation du MR

Et si le premier objectif du parti reste les communales, il n'oublie pas les régionales où le but est de décrocher un premier élu au parlement wallon. «Ce n'est pas une nécessité pour DéFI de s'implanter en Wallonie – car il pourrait très bien vivre à Bruxelles de manière confortable – mais il joue l'opportunité, analyse Maxime Counet. Il y a aujourd'hui des sympathies très fortes en Wallonie pour DéFI, notamment face à la droitisation du discours du MR.»

Le combat reste néanmoins difficile. «Nous allons à contre-courant d'une tendance dominante de repli sur soi, dit un élu bruxellois. Et il y a, comme au MR ou au PS, des Crucke ou des Marcourt qui prônent la scission de l'enseignement, plus de division entre la Wallonie et Bruxelles. Une erreur que les démocrates paieront un jour.»

Mais Jonathan Martin est convaincu: «Sur le terrain de la gouvernance, DéFI peut faire la différence, notamment face à la crise de confiance ambiante par rapport aux partis traditionnels. On doit par contre s'adapter, dit-il. Souvent considéré comme un parti intellectuel, DéFI doit populariser son image en ne traitant pas seulement de gros dossiers et en utilisant une communication plus percutante.»

De là à s'attendre à une explosion de DéFI en Wallonie aux prochains scrutins? «On n'ira pas jusque-là. Cela prend du temps et on est conscient du travail qu'il reste à faire. Nous n'avons rien à voir avec le PTB qui berne le peuple à coup de promesses irréalisables. Nous sommes plus dans le raisonnable», affirme une élue.