Toxicomanie: que fait la Région wallonne?

Les auteurs carolos du livre 24 heures héro viennent de le rappeler: le monde de la toxicomanie est une toupie, un giratoire perpétuel. Squat, rue, dose.

P.S.
Toxicomanie: que fait la Région wallonne?
tox

À Liège, la situation se dégrade assez nettement sur le terrain. Les actes de consommation sont à nouveau visibles dans l’espace public comme il y a 15 ou 20 ans, les usagers se déglinguent, la polytoxicomanie et la précarité du «giratoire perpétuel» en font des vieillards précoces.

Tout ne peut pas être attribué à la suspension de l’expérience de prescription d’héroïne médicalisée (projet Tadam). Même si les participants au projet sont pour la plupart repartis dans une zone sans doute encore plus obscure qu’avant. Et même si trois d’entre eux au moins sont décédés quand cet accompagnement inédit a pris fin.

Alors, quoi?

Ça intéresse qui?

«Les associations de terrain n'ont plus assez de budget pour faire leur travail », entend-on à Liège. Les échanges de seringues ou les autres politiques de réduction des risques, complémentaires aux traitements et à la prévention, ne sont plus suffisamment financées.

Et à cet égard, ce sont les Régions qui sont désormais à la manœuvre (le fédéral n’est interpellé que pour lever l’obstacle de la loi de 1921). En Wallonie, on ne peut pas dire que la réduction des risques fasse concrètement partie des priorités du gouvernement. Le dossier «toxicomanie» ne semble d’ailleurs pas intéresser davantage les députés wallons, à l’une ou l’autre exception près.

Le gouvernement bruxellois semble plus proactif. Il soutient même l’ouverture de salles de consommation à moindre risque. En Wallonie, c’est le bourgmestre de Liège qui prend l’initiative. C’est déjà significatif.