CE1D: ces tests qu’on ne peut comparer

Le niveau des étudiants en math chute? Polémique stérile et invérifiable. La faute aux tests qu’on ne peut comparer d’une annéeà l’autre.

Albert Jallet
CE1D: ces tests qu’on ne peut comparer
tableau ©EdA

C’est chaque année la même déferlante: les tests CE1D ou CEB créent l’émoi par leurs résultats. Avec comme lame de fond, le niveau de compétence des élèves qui ne cesserait de chuter.

Est-ce vraiment le cas? Impossible à dire. La faute à ces tests qui ne sont pas construits pour être comparés d’une année à l’autre. Or, c’est ce qui est fait. Erreur. L’adage ne dit-il pas: on ne compare pas des pommes et des poires. Patatras. Newton en reste assommé sous son arbre.

Ariane Baye est professeure à l’ULg. Elle s’est fendue, avec des confrères, d’articles dans des revues scientifiques sur le sujet.

Pour elle, on ne peut comparer une année à l'autre parce qu'on ne se donne pas les outils pour le faire. «Cela tient à la construction même des questionnaires. Il existe des techniques connues, avec des principes d'ancrage et des questions récurrentes, qui permettent de comparer.»

Ce qui devrait être un des buts de ce genre d'épreuve. «Cela est possible et se fait depuis des années dans d'autres pays, comme les Pays-Bas, par exemple. Ce n'est pas très compliqué à réaliser.»

Le plus croquignolesque, c'est que ces épreuves comparables sont appliquées dans notre beau royaume mais pour des épreuves non certificatives. «C'est comme ça que les universités sont associées pour élaborer des tests en début d'année scolaire. Mais elles ne le sont pas pour les épreuves certificatives.» Ça, ce sont les faits.

Ariane Baye ne porte pas de jugement: «Cela m'étonne, c'est tout. Il me semble que pouvoir comparer est une question de bon sens.»

On peut dès lors s’interroger légitimement sur le bien-fondé de ces évaluations qui valent ce qu’elles valent, c’est-à-dire pas grand-chose.

Quid des maths?

Un autre élément vient alors s’inviter dans le débat pour l’alimenter et pas nécessairement l’apaiser. Si les «matheux» sont pointés du doigt parfois pour leurs exigences et leur rigueur, on ne peut s’empêcher de jeter un œil sur les tests internationaux, PISA. Qui eux, sont comparables d’une année à l’autre. Ces dernières années, le niveau des élèves belges en mathématique se situe dans la moyenne internationale.

Quant à effectuer une lecture croisée des résultats du CEB et des CE1D, cela relève encore plus de la fiction.

Tout en ne perdant pas de vue que ces épreuves sont aussi certificatives (lire ci-contre).