Philippe Leruth, de « L’Avenir », élu président

Philippe Leruth, journaliste aux Éditions de L’Avenir, vient d’être élu président de la Fédération internationaledes journalistes.

Y.R.
Philippe Leruth, de « L’Avenir », élu président
Philippe Leruth, 61 ans, devient le président de quelque 600 000 journalistes du monde entier. Sa priorité: unifier la fédération. ©ÉdA – Jacques Duchateau

Philippe Leruth, journaliste aux Éditions de l’Avenir (informations nationales), vient d’être élu à la présidence de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Le vote a été serré puisque le Belge a obtenu 168 suffrages sur les 329 votes émis, contre 161 voix pour son rival brésilien, Celso Schroder.

« De quoi éprouver une satisfaction assez forte, réagit Philippe Leruth. Mais tout de suite après, on sent la pression qui vous tombe sur les épaules et on pense déjà à la manière dont on va s'organiser.»

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) est une fédération de syndicats et d’associations provenant du monde entier. Coréens, Malaisiens, Sud-Américains faisaient ainsi partie des 338 délégués appelés à voter; une assemblée représentant quelque 600 000 journalistes de par le monde.

Les Belges présents depuis 1926

Bref, fameux défi pour le journaliste d'un petit pays que d'emporter la présidence. Et une belle reconnaissance... « C'est le résultat de tout un parcours, observe Philippe. J'ai été président de l'Association des journalistes professionnels de Belgique. Puis vice-président de la Fédération européenne (FEJ). Au fil du temps, je me suis fait connaître.»

Son programme de campagne? Rassemblé sous trois slogans: «Une fédération forte et unie, forte et stable financièrement, forte et transparente, détaille Philippe. Mais ce qui a convaincu aussi, je pense, c'est le fait que j'exerce toujours le métier.»

Dernier argument, sans doute, en faveur du journaliste: l’association des journalistes belges fait partie de la fédération depuis sa création, en 1926. C’est d’ailleurs le troisième président qu’elle lui envoie en 90 ans.

Un mandat, puis une femme?

«Je ferai un seul mandat de trois ans car je veux laisser la place aux jeunes et aux femmes , explique Philippe. D'ici là, j'aurai 64 ans et je trouverais anormal que quelqu'un qui est près de la pension préside une fédération de journalistes. Quant aux femmes, nous en avons peu au niveau des instances directrices. Ce serait extraordinaire qu'une femme prenne la relève.»

Au-delà de la défense de l'égalité homme-femme jusque dans les rédactions, la première tâche du nouveau président sera de travailler à l'unité de la FIJ, « malmenée par plusieurs années de déficit et de désaffiliation, dont celle du syndicat professionnel allemand DJV.»

Au programme également, l’amélioration des conditions de travail des journalistes, les problèmes liés à l’évolution des médias (dont les droits d’auteur, par exemple), la lutte contre les discours de haine, etc.

«Une dérive en Europe, mais…»

Enfin, à charge de la FIJ, aussi et surtout, la défense de la liberté de la presse. «Il y a toujours des pays où être journaliste est très dangereux, pointe Philippe. Ils sont ciblés, brimés, emprisonnés voire tués.»

Vigilance, aussi, sur le plan européen: directive sur le secret des affaires, état d’urgence en France, pressions en Pologne, en Hongrie, voire en Belgique, de la part de l’entourage du Premier ministre…

«C'est vrai, il y a une dérive inquiétante, répond Philippe Leruth. En gros, on ne peut jamais dire que la liberté de la presse est définitivement acquise.»

Toutefois, conclut le nouveau président, «l'Europe reste le continent où l a liberté de la presse et l'exercice du métier se porte relativement bien.»

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