Affaire Tonneaux: la police enfonce Brieuc Quévy, le responsable de l'OWD

Après le parquet, c’est la police qui écrit au Parlement pour dire que le directeur de la DGO3 n’a pas exactement agi comme il le dit dans l’affaire Tonneaux.

Martial DUMONT
Affaire Tonneaux: la police enfonce Brieuc Quévy, le responsable de l'OWD
NAMUR WALLOON PARLIAMENT COMMISSION ENVIRONMENT NAMUR WALLOON PARLIAMENT COMMISSION ENVIRONMENT ©BELGA

L’affaire du détournement de 2 millions par le comptable René Tonneaux à l’Office wallon des déchets n’en finit pas de faire des remous. Et les responsabilités, notamment sur le fait que Tonneaux a pu cavaler pendant 15 jours après la découverte de la fraude, commencent à se préciser.

Il y a quelques jours, le procureur du roi de Namur, Vincent Macq, écrivait à la commission Environnement du Parlement wallon pour lui faire part de ses remarques après l’audition au Parlement de Brieuc Quévy, directeur de la DGO3 et donc hiérarchiquement responsable de l’OWD.

Quévy avait alors précisé qu’il avait fait tout ce qu’il fallait pour prévenir le parquet et la police le 15 février, le jour où il avait appris la suspicion de détournement par René Tonneaux. Vincent Macq s’étonnait notamment du fait que Quévy ne l’avait pas appelé directement et avait attendu le lendemain pour prévenir la police.

Un appel de 2 minutes partiellement incompréhensible

La police, elle aussi, a réagi par courrier. Dans sa lettre dont nous avons pu obtenir copie, le chef de corps de la zone de Namur, Pascal Ligot, accable encore un peu plus Brieuc Quévy dont la version est décidément contestée de toutes parts.

Le chef de corps confirme que Quévy a bien appelé la police locale le 15 février à 16 h 06 en précisant qu'il voulait déposer plainte pour des faits de gros détournements. Mais cet appel «a duré 2 minutes et était partiellement incompréhensible et/ou non structuré».

Brieuc Quévy est alors transféré vers la cellule d’enquête financière. Il explique qu’un de ses collaborateurs a commis une fraude importante et qu’une enquête interne est menée.

Mais, précise le chef de zone: « Le montant de la fraude n'a pas été donné» et surtout «le caractère urgent de la situation n'a pas été mentionné non plus». Et la police de préciser: «Accord est donné par monsieur Quévy pour venir déposer plainte le 16 février à 10 h 30. Il n'a pas insisté pour être reçu plus tôt». Ce que Brieuc Quévy s'est bien gardé de préciser durant son audition au Parlement.

Vers de nouvelles auditions?

Les parlementaires de la commission sont évidemment interpellés par les divergences entre la chronologie des faits décrite par Quévy et celle du parquet et de la police. Particulièrement dans les rangs du MR. Qui compte bien demander à nouveau que, notamment, Brieuc Quévy soit réentendu. Et que le commissaire de police judiciaire de l’OWD, Alain Wilvers le soit également puisque, lui, avait toutes les possibilités de faire accélérer la procédure à l’égard de Tonneaux dès le 15 février.

«Le courrier du chef de corps de la zone de police de Namur est accablant pour Brieuc Quévy», estime le chef de file MR Pierre-Yves Jeholet. «Ça nous conforte dans l'idée qu'on a voulu mettre un couvercle sur les responsabilités dans cette affaire sur laquelle nous voulons faire toute la lumière».

Sûr en tout cas qu’on n’a pas fini d’entendre parler de cette histoire. Ni de toutes celles qui touchent de près ou de loin à l’Office wallon des déchets.

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