Le niveau de menace passe de 2 à 3 pour les grands événements

24 heures après les attentats de Paris, il a été décidé que le niveau de menace évalué par l’OCAM était relevé d’un point pour les grands événements. L’armée pourra être déployée.

Le niveau de menace passe de 2 à 3 pour les grands événements

En un coup d'oeil

Dix mois après les attentats djihadistes contre Charlie Hebdo, six attaques présumées terroristes quasi simultanées, dont des actions kamikazes, ont été menées à Paris et dans sa proche banlieuece vendredi soir, à partir de 21h30-22h00

- Au total, au moins 129 personnes ont été tuées et 352 personnes ont été blessées, dont au moins 99 le seraient grièvement

- Deux Liégeois figurent parmi les victimes. Un Franco-Belge a aussi perdu la vie.

- 7 terroristes présumés sont morts, dont six en se faisant exploser.

- L'État islamique a revendiqué les attentats. Le président français François Hollande évoque un «acte de guerre» de l'EI

- Les terroristes auraient bénéficié d'aides venues de Molenbeek. Des perquisitions et des arrestations ont eu lieu dans cette commune bruxelloise. Une instruction a été ouverte dans notre pays du chef d'attentat terroriste.

- Trois jours de deuil national ont été décrétés par Hollande

- Le gouvernement belge a pris des mesures de sécurité. Le niveau d'alerte terroriste en Belgique n'a pas été rehaussé chez nous dans un premier temps, Charles Michel invitant tout de même les Belges à ne pas se rendre à Paris. Ce samedi soir, le niveau de menace a été réévalué à la hausse pour les grands événements.

Le conseil national de sécurité a pris connaissance ce samedi soir de la nouvelle évaluation de l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM). Celui-ci relève le niveau de menace de 2 à 3 pour l’organisation de grands événements sportifs ou culturels accueillant potentiellement un grand nombre de personne, a indiqué samedi soir le Premier ministre Charles Michel.

Cette décision signifie que l’armée pourra être déployée pour de tels événements, a précisé le chef du gouvernement.

Les regards se tournent déjà vers le match de football Belgique - Espagne mardi soir au stade Roi Baudouin, principal événement majeur de ce type à venir. Pour ce match amical, il avait déjà été demandé, plus tôt dans la journée, aux spectateurs de ne pas venir avec des sacs, sacs à dos ou objets encombrants. Pour rappel, lors des attentats de vendredi à Paris, des explosions ont eu lieu à proximité du Stade de France où se déroulait le match de foot France - Allemagne.

Les 4 décisions de samedi matin confirmées

Le conseil national de sécurité s’est réuni samedi soir pour la deuxième fois ce week-end depuis les attentats qui ont visé Paris vendredi soir. L’enquête sur ces attentats a entre-temps été élargie à la Belgique qui déplore également trois victimes dans les crimes commis dans la capitale française.

La réunion a été l’occasion de confirmer les quatre décisions déjà validées samedi matin en comité ministériel restreint, à savoir le renforcement du contrôle aux frontières (frontière française, aéroports, gares), l’appel aux citoyens belges à ne pas se rendre à Paris si ce n’est pas strictement nécessaire, le relèvement du niveau de vigilance et de sécurité lors de l’organisation d’événements locaux, et la protection des intérêts français en Belgique.

Le gouvernement annoncera la semaine prochaine, à l’initiative du ministre de l’Intérieur Jan Jambon des mesures complémentaires dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, sachant que 12 chantiers ont été progressivement mis en oeuvre depuis les événements de Paris et Verviers au début de l’année. Parmi ces 12 chantiers figure d’ailleurs la création du conseil national de sécurité, a rappelé le Premier ministre. Il s’agirait essentiellement d’annoncer la semaine prochaine l’accélération des mesures de renforcement de la lutte contre les combattants étrangers (foreign fighters) et d’enregistrement des données de transport (PNR).

Des contacts permanents auront encore lieu demain dimanche avec les services de sécurité et de nouvelles réunions pourront être organisées.

«Nous restons en situation d’alerte, heure par heure, avec les différents services de sécurité qui font état de l’avancement de leurs analyses», a répété le Premier ministre.