Bug électoral: que s’est-il concrètement passé?

Au ministère de l’Intérieur, on ne sait trop que dire: de façon incroyable, ce matin, il n’est toujours pas possible d’avoir les résultats définitifs. Faut-il pour autant condamner le vote électronique, comme le faisaient hier les présidents de partis francophones?

Dominique Vellande
Bug électoral: que s’est-il concrètement passé?
vote électronique ©Reporters (Archives)

En cherchant bien sur un bureau encombré, il est parfois possible de tomber sur une vieille disquette. On la regarde avec un air attendri et puis on la jette à la poubelle. Bon sang, une clé USB, c’est quand même vachement plus facile.

Ce matin, au ministère de l’Intérieur, on parle toujours de «disquettes » en avouant que, de fait, cela peut paraître un peu... obsolète.

La réalité est pourtant là: ce n’est pas le principe du vote électronique qui est en cause (en Flandre, tout a bien marché) mais la singulière confiance qui a été octroyée au système utilisé en Communauté française. «Cela peut paraître un peu curieux d’utiliser encore des disquettes alors que d’ici quelque temps, on n’en trouvera plus dans les magasins », concède M. de Mul, du ministère de l’Intérieur.

Testé des dizaines de fois

Que s’est-il concrètement passé? Une fois introduites dans les ordinateurs accueillant l’ensemble des résultats, ces disquettes ont généré des «anomalies ». Des erreurs qui ne permettaient pas d’en valider les résultats. Une partie de la nuit, des informaticiens ont tenté de comprendre. Sans succès au point d’amener le ministère de l’Intérieur à suspendre la communication des résultats des 22 cantons où ce vote avait été pratiqué. «Nous l’avons testé des dizaines de fois. Il a été validé par un groupe d’experts. Nous ne comprenons donc pas ce qui s’est passé, explique-t-on à l’Intérieur.

Résultat (si l’on ose écrire), le nombre de sièges pour la Wallonie et Bruxelles gardaient ce matin une part d’incertitude. «En principe, on va les avoir rapidement. Par contre, pour les voix de préférence, je n’oserais pas m’avancer », explique M. de Mul.

Frustrés, les présidents de parti fustigeaient le vote électronique, plaidant le retour au bon vieux crayon.