Biométhanisation: les certificats verts en hausse

La biométhanisation allait droit dans le mur. Le secteur va sortir la tête de l’eau grâce au doublement du taux de certificats verts octroyés.

Emmanuel Huet
Biométhanisation: les certificats verts en hausse
urn:newsml:dpa.com:20090101:130903-99-05022 ©Reporters / DPA

Le gouvernement wallon a décidé de soutenir le secteur de la biométhanisation. «En 2010, le business plan tenait la route. En 2013, on boit le bouillon.» Cette déclaration - dans nos colonnes en novembre dernier – était celle de Gaëtan de Seny, biométhaniseur en Hesbaye (Geer).

Plus qu’un appel à l’aide, c’était aussi une mise en garde. Avec l’augmentation du coût des intrants (les déchets agricoles sont la principale matière première), la chute de l’octroi des certificats verts, la taxe d’injection… le secteur allait droit dans le mur.

Le gouvernement vient ainsi de décider d'augmenter le nombre de certificats verts (CV) octroyés au secteur. La moyenne actuelle varie entre 1 et 1,5 CV par Mwh produit. Il passera à 2,5 au minimum et jusqu'à trois en fonction du taux de rentabilité de l'exploitation. Jean-Marc Nollet, le ministre en charge de l'Énergie confirme les difficultés du secteur. «Elles sont liées à l'augmentation du prix des matières premières, combinées à la chute du prix de vente de l'électricité et des certificats verts.»

Le ministre écolo et le gouvernement ont décidé «d'octroyer un nouveau taux de CV pour le secteur de la biométhanisation. Il sera communiqué par la CWAPE fin mai.» Et il sera d'application pour toute production au 1er juillet. «On va passer à un système qui garantit 2,5 CV par Mwh. Et ça pourrait aller jusqu'à trois en fonction de la valorisation de l'énergie.»

Le gouvernement vise ainsi à garantir une rentabilité de 8% pour toute installation de 1,5 Mwh. Pour les unités de biométhanisation de cette taille, elles pourront dissocier la chaleur produite de l’électricité. Car le système actuel était assez compliqué. Pour bénéficier d’un maximum de CV, le producteur devait consommer toute la chaleur produite. Ce qui lui laissait peu de répit et le contraignait à faire du séchage intensif de matière et donc d’immobiliser des capitaux.

Pour les unités supérieures à 1,5 Mwh, la Région garantira une rentabilité de 9% mais le producteur sera tenu de valoriser toute la chaleur produite.

L’équivalent de 7 000 ménages

La réponse donnée par le gouvernement n'aura pas tardé. «Il fallait répondre au problème à court terme, confirme le ministre. Il fallait donner des perspectives.»

Des perspectives car la biométhanisation entre clairement en ligne de compte de l'objectif 2020 fixé par l'Europe. «La Wallonie est engagée dans un ambitieux programme d'énergies renouvelables. On doit atteindre les 20% d'énergie renouvelable qui doit être constituée d'un mix énergétique.»

Actuellement, la biométhanisation en Wallonie représente une production de 25 Gwh, soit la consommation de 7 000 ménages. L’objectif 2020: atteindre les 500 Gwh par le biais de la biométhanisation. Et sans un encouragement significatif, le secteur n’était plus en mesure de se développer, voire de survivre.

La Sogepa va analyser quatre unités

Le ministre de l'Énergie ne sera pas le seul à «contribuer» au coup de pouce. Jean-Claude Marcourt, en charge de l'Économie, sera également attentif. On évoquait un soutien au secteur considéré comme en difficulté -à l'instar de la sidérurgie ou du verre, par exemple. Concrètement, on est plus dans l'analyse, par le biais de la Sogepa, la Société wallonne de gestion et de participations. «D'autres secteurs sont également touchés par des difficultés conjoncturelles fortes au premier rang duquel nous pouvons citer le secteur des panneaux photovoltaïques, qui connaît diverses restructurations, et de la biométhanisation, confirme le cabinet Marcourt. En effet, certaines unités actives dans la biométhanisation sont dans une situation difficile et pourraient rapidement devoir faire appel à une intervention régionale. À ce titre, la Sogepa a également été sollicitée pour l'analyse de dossiers.