Le blaireau et les d indons de la farce

« Il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages », gouaillait Michel Audiard en 1968. En 2013, Caroline Cassart adapte le modèle.

P.S.
Le blaireau et les d indons de la farce
blaireau.jpg ©MARK BOND – Fotolia

Mais sans rire : « Faudrait pas prendre les agriculteurs pour des blaireaux », prévient la députée wallonne MR.

Il faut savoir que, au championnat du saccage de champs de maïs, les sangliers ne sont pas les seuls tenants du titre. En Ardenne et en Gaume, ce sont les blaireaux qui ont pris les cultures d’assaut.

Certains détails permettent de distinguer les dégâts des uns et des autres. Le sanglier, c’est la méthode Panzer : il arrache, il croque des moitiés d’épis, recrache des grains et laisse dans le champ des saignées larges comme des pistes d’atterrissage pour Airbus A380. Le blaireau, après avoir déchiqueté l’enveloppe qui protège le maïs, ronge le tout grain par grain, laisse la carotte nue et s’en va creuser plus loin un trou pour faire ses besoins.

Mais les dégâts sont bien là. Les demandes d'indemnisation connaissent une inflation notable. « Elles sont passées en 3 ans de 60 000€ à 400 000€ pour 2012 », fait remarquer Caroline Cassart. « Les dommages aux cultures sont conséquents et si les indemnités ont bien été versées en 2011, ce n'est pas le cas pour 2012 », dit-elle.

Protégé et difficile à chasser

Le ministre wallon de l'Agriculture Carlo Di Antonio annonce pourtant que, a priori, tout a été payé. Sur le terrain, certains cultivateurs attendent toujours mais peut-être n'est-ce qu'une question de jours. Par contre, il envisage de plafonner ces indemnisations. « Ce qui a notamment fait exploser ces montants, c'est le nombre de cas, mais c'est aussi l'indemnité liée à chaque cas», expliquait-il il y a quelques jours au Parlement. En parallèle, il envisage de faciliter la procédure permettant une régulation du blaireau, espèce protégée (sauf dérogation). «Encore faut-il en faire la demande. Les indemnisations étant parfois généreuses (jusqu'à 5 000€ selon les cas, NDLR), personne ne demande de dérogation. On préfère constater les dégâts et se faire rembourser par la Wallonie», observe le ministre cdH.

Caroline Cassart s'offusque du plafonnement: «Les agriculteurs sont encore les dindons de la farce! Vous croyez qu'ils aiment voir leur culture détruite? Ce n'est pas à eux d'assumer. Chacun a son rôle à jouer. »

Les chasseurs? C'est vrai que les demandes de dérogation sont rares pour prélever cet animal. Outre son statut d'espèce protégée, il est difficile à chasser. Le blaireau est un nocturne. On ne peut le chasser qu'au terrier. C'est d'ailleurs comme ça qu'on a opéré dans les années 70, pour éradiquer la rage : gazages dans les terriers à renards, qui sont aussi fréquentés par les blaireaux. Les chasseurs l'affirment : «nous ne sommes pas armés pour lutter contre les blaireaux ».

P.S.