Le « Safe Pote » pour les festivaliers

Les Mutualités socialistes éditentleur 5e «Manuel de survie en festival».Et lancent le concept de «Safe Pote».

Marc Uytterhaeghe
Le « Safe Pote » pour les festivaliers
Przystanek Woodstock ©Reporters/DPA

Il y avait Bob en matière de sécurité routière. Il y aura désormais le «Safe Pote» pour les festivaliers. L'initiative provient de l'ASBL Latitude Jeunes (Mutualités socialistes) qui édite chaque année depuis cinq ans un Manuel de survie en festival. Un titre un brin provocateur au premier abord, mais qui s'avère souvent fort réaliste sur le terrain quand on voit à quoi ressemblent certains festivaliers après deux ou trois jours.On est alors plus proche de Koh Lanta que d'une salle aseptisée dans un hôpital…

Le «Safe Pote» sera donc un peu l'ange gardien d'un groupe de festivaliers: «Le Safe Pote, c'est quelqu'un qui va être attentif à chacun, explique CarolineHuart, responsable de projet chez Latitude Jeunes. Quelqu'un qui, quand il voit quelqu'un couché par terre, va prendre soin de lui et alerter la Croix Rouge si nécessaire . Quelqu'un qui va veiller sur ceux qui ont trop consommé d'alcool…»

Toutes des problématiques abordées – parmi d’autres – dans le manuel, qui sera édité à 5000 exemplaires cette année.

«Notre guide parle beaucoup de questions santé, poursuit CarolineHuart. Notre but est de réduire les risques, notamment quand la consommation d'alcool ou autre n'est plus gérée.»

Reste encore à convaincre les festivaliers de désigner au sein de leur groupe une personne responsable. Pour ça, Latitude Jeunes a eu l'idée de mobiliser des «déambulateurs», c'est-à-dire des personnes chargées d'engager la conversation avec les fans de musique. «Attention, l'idée n'est pas d'être moralisateur, mais d'attirer l'attention sur certaines problématiques, comme la nécessité d'utiliser les moyens de contraception en cas de rapport sexuel ou de veiller à bien s'hydrater avec de l'eau, même si on consomme de l'alcool.»

Pour les parents qui liraient ces lignes, Caroline Huart se veut toutefois rassurante. «Il ne faut pas être alarmiste! Il n'y a pas spécialement plus de dérapages en festival qu'ailleurs. Ce qui est primordial, c'est de se renseigner sur les solutions qui existent sur place : l'emplacement des points d'eau, de la Croix Rouge, des zones de repos…»

Elle note qu'en la matière, les festivals ont fait beaucoup de progrès. «Il y a beaucoup plus de villages associatifs où l'on peut trouver un peu de tout qu'avant. Les seuls points noirs selon moi restent les points d'eau et les sanitaires. Il faudrait plus d'eau gratuite un peu partout et arrêter de vendre des bouteilles à 2€! Et puis, donner des bons plans des sites.»

Le Manuel de survie en festival peut être téléchargé sur www.ifeelgood.be.