40 heures de liberté pour Michel Lelièvre d’ici septembre

Michel Lelièvre, l’ex bras droit de Dutroux pour l’enlèvement de Sabine, Lætitia, Anne et Eefje, va bénéficier de 40hde liberté d’ici septembre.

Jean-Pierre De Staercke
40 heures de liberté pour Michel Lelièvre d’ici septembre
Assises Dutroux Lelièvre ©EdA

Le tribunal d’application des peines (TAP) de Bruxelles a suivi en grande partie l’avis du parquet. Lundi, il a autorisé Michel Lelièvre, 42 ans, à bénéficier de cinq congés pénitentiaires de 8heures chacun, d’ici la mi-septembre.

Seule condition qui n’a pas été retenue ? Celle soulevée par la procureure Sabine van der Elst, à savoir un examen toxicologique à son retour à la prison.

Pour le reste, le jugement suit point pour point le plan de reclassement élaboré par les avocats de l’adjoint de Dutroux, Mes Nathalie Buisseret et Sven Mary.

D’abord, ces cinq sorties sont conditionnées par la recherche d’un maître d’œuvre susceptible d’accueillir le quadragénaire, afin de lui enseigner une formation professionnelle en menuiserie.

Contacts interdits

Lelièvre devra également s’astreindre à consulter une psychologue, notamment en vue de lui éviter toute récidive dans la consommation de stupéfiant.

Autres conditions : l’engagement de l’intéressé à ne pas tenter de prendre contact avec les victimes ; à ne pas fréquenter de débit de boisson ; et a fortiori ne pas consommer d’alcool ou de stupéfiant.

Il lui est aussi interdit de se rendre dans la province du Hainaut, à l’exception de l’entité de Charleroi où il entrevoit sa formation en menuiserie ; interdite aussi, celle du Luxembourg, le Brabant flamand, les communes de Liège, Ans, Hasselt et la Côte belge.

Sabine Dardenne : « Une nouvelle extrêmement pénible »

Par la voix de son avocat, Sabine Dardenne a déjà réagi. En mai 1996, elle avait été enlevée par Dutroux et Lelièvre, à Kain, près de Tournai. «C'est une nouvelle extrêmement pénible pour Sabine, déplore Me Jean-Philippe Rivière via communiqué. Ma cliente s'attend à cette décision depuis des années, mais aujourd'hui cela est réel et lui est très pénible. »

D'un point de vue juridique, MeRivière a néanmoins estimé «qu'il n'était pas plus mal que la mise en liberté de Michel Lelièvre soit encadrée de la meilleure manière qui soit ».

L’avocat s’est également dit satisfait le TAP ait repris intégralement les conditions émises par les parties civiles.

La suite du programme pour l’ex lieutenant de Dutroux ? Une évaluation, en septembre prochain, de son comportement en liberté. En fonction de celle-ci, il pourrait bénéficier de congés plus réguliers comme un week-end par mois. Si tout se passe comme il l’entend, Lelièvre pourrait demander sa libération conditionnelle pour juin 2014.

Le tribunal a d’ailleurs rappelé hier qu’il est dans les conditions pour en bénéficier ; il a déjà purgé 17 ans de détention sur les 25 ans qui lui ont été infligés à Arlon, en 2004. Jusqu’à présent, toutes ses demandes avaient été rejetées en raison de récidives (consommation de drogue) en prison.