L’armée solde ses bâtiments et terrains

La Défense enchaîne les ventes de ses biens immobiliers. Cette année, plus de 13 millions d’euros de vente ont déjà été réalisés.

Emmanuel Huet
L’armée solde ses bâtiments et terrains
caserne armée ©Heymans

Un bunker à Herve pour 350€, un hôpital à Bruges à plus de 4 millions d’€, une île sur la Meuse à Jambes à 46 000€, un aérodrome à Bierset pour 1 million d’€ ou encore des appartements à Pékin pour 372 000€… La Défense vend ses biens immobiliers et on peut trouver un peu de tout…

La Défense doit-elle renflouer ses caisses? Ce n'est pas forcément l'argument principal. Depuis la réforme de notre armée, entamée en 1994, le personnel militaire est passé de 114 000 personnes à 32 000 unités aujourd'hui. Et dans la foulée, des casernes se sont vidées, des terrains d'entraînement se sont libérés… «On n'a plus besoin d'autant de domaines militaires qu'auparavant», explique-t-on au cabinet du ministre de la Défense.

En 2013, les ventes se sont accélérées. Alors que la Défense avait vendu pour 17,1 millions d’€ en 2012, au début du mois de mai, 12,8 millions d’€ étaient déjà rentrés dans les caisses de l’État. Accélération du processus ou hasard? C’est la seconde hypothèse qui est privilégiée par le cabinet.

Il faut aussi savoir que la plupart de ces grands domaines sont souvent acquis par des communes. Et 2012, année électorale, certains projets ont été placés sous cocon et sont ressortis des cartons quand les nouvelles majorités ont été formées.

La réforme a complètement remodelé la manière de travailler et de s’entraîner des militaires. Les chars sont nettement moins utilisés qu’avant. Lors des manœuvres, il fallait éviter d’utiliser les routes que ces engins mettent à mal. De grands terrains dégagés étaient nécessaires, notamment pour les exercices de tir. Désormais, ce type d’exercice se déroule à l’étranger. En Pologne, par exemple, où on trouve encore de larges étendues inoccupées.

L'aéroport de Bierset a aussi vu ses hélicoptères Agusta s'envoler vers la base de Beauvechain : «Pourquoi fallait-il les garder à Bierset alors qu'on avait la même chose ailleurs?» Autre évolution : les simulateurs de vol. Ils ont remplacé partiellement les heures de vol et la nécessité de disposer de plusieurs bases.

Quant à l'argent engrangé par ces ventes immobilières, il ne sera pas forcément réaffecté à l'entretien des bâtiments existants. Il sera ventilé en fonction des besoins de l'armée. «On peut très bien les utiliser pour de l'investissement», précise le cabinet. Et de rappeler que les dépenses sont souvent faramineuses : on n'achète pas un avion au même prix qu'une ambulance!