Redevance photovoltaïque: un calcul qui continue de faire enrager

Les propriétairesde panneaux photovoltaïques devront payer une redevance.La façon dont elle est calculée continue de provoquer la colère.

Yves RAISIÈRE
Redevance photovoltaïque: un calcul qui continue de faire enrager
photovoltaïque ©Belga

L'adoption, par les gestionnaires réseaux, d'une redevance de 55€/an et par kWc produit ne passe décidément pas parmi les détenteurs d'installations photovoltaïques. Depuis que L'Avenir en a révélé la teneur (voir notre article du 14mai), vous avez été des centaines à réagir sur notre site internet.

Au-delà d'une redevance jugée inique – même si certains en comprennent le sens -, vous avez été nombreux à nous interpeller sur la formule. Exemple avec Franck: « Cette redevance se base sur la puissance théorique initiale de l'installation, et sera reconduite chaque année. Or, le rendement théorique des panneaux n'est pas, lui, garanti à 100%. Au fil du temps, à cause de l'usure, la puissance théorique diminue. »

Franck a raison. Tous les contrats proposés par les installateurs prennent d’ailleurs bien soin de spécifier cette baisse du rendement théorique.

Autre constat, de Louis: « Le rendement d'une installation dépend de son orientation et de la pente du toit. Dès lors, il peut y avoir une grosse différence entre la puissance théorique de l'installation et la quantité réelle de courant produite. »

Redevance photovoltaïque: un calcul qui continue de faire enrager

Louis a également raison. Le tableau publié par EF4 (voir ci-dessus), association de promotion des énergies renouvelables, montre ainsi clairement que «le rendement optimum est obtenu pour une orientation sud avec une inclinaison de 35°. » Si on s'écarte de cette position, ce rendement diminue.

« Cela aurait pu être 70€ »

Dans les deux cas, celui de Franck et de Louis, la différence de puissance peut être conséquente. Conséquence: une redevance qui n’est pas adaptée à la réalité du terrain.

« Les personnes qui vous ont interpellées ont raison, confirme en gros Francis Ghigny, le président de la Cwape (régulateur wallon). Le rendement d'une installation photovoltaïque diminue dans le temps et en fonction de l'orientation, de l'ombrage. »

Dit autrement: les gestionnaires réseaux ont préféré une redevance basée sur une règle «assez grossière, de façon à pouvoir la mettre aisément en œuvre. »

Néanmoins, ils auraient répercuté les facteurs en question dans le calcul. « Si la redevance avait été calculée sur base du meilleur rendement théorique et sur base du meilleur ensoleillement, son montant aurait étéplus élevé que 55€ et auraitatteint les 70€ par kWc théorique.», affirme Francis Ghigny.

L’onduleur pas pris en compte

Derniière observation mise en avant, celle de Benoît, l'un de nos internautes: « Les gestionnaires réseaux n'ont pas pris en compte le remplacement des onduleurs après 10ans, à charge des propriétaires. »

Coûtde ce remplacement, indispensable: quelque 2 000€.

«La Cwape recommande de le prendre en compte pour les personnes qui bénéficieront du plan Qualiwatt, mais c'est vrai que les gestionnaires réseaux, eux, ne le font pas, acquiesce Francis Ghigny. Ils sont dans une autre logique. »

De fait: comme l'expliquait Fernand Grifnée, le patron d'Ores, dans nos éditions du 15mai, « on part du principe que tout le monde se comporte de la même manière dans son utilisation du réseau. »

L'administrateur-délégué d'Ores précisait toutefois que « si vous estimez que vous injectez réellement moins que ce qui a été calculé, vous pouvez ne pas payer un forfait. Dans ce cas, il faudra demander la pose d'un compteur intelligent qui mesurera exactement les flux d'énergie. »

Un compteur… à charge du demandeur.

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