Tarif de 55 €/kWc : au 1er octobre et sans exonération !

Ores confirme : dès le 1er octobre, les propriétaires de panneaux photovoltaïque payeront pour utiliser le réseau. Et il n’y aura pas d’exonération.

Martial DUMONT
Tarif de 55 €/kWc : au 1er octobre et sans exonération !
Installation photovoltaique ©Chlorophylle - Fotolia

Fernand Grifnée, vous êtes administrateur délégué d’Ores. Pourquoi les GRD vont-ils appliquer un tarif d’utilisation de réseau de 55euros par kWc aux propriétaires de panneaux photovoltaïques ?

D’abord, ce prix variera d’une intercommunale à l’autre. Ensuite, nous ne faisons que suivre l’avis de la CREG, le régulateur fédéral. La tarification de l’utilisation du réseau était devenue discriminatoire puisque toute la charge de cette utilisation ne pesait que sur ceux qui n’ont pas de panneaux.

Et c’est prévu pour quand ?

Le 1er octobre.

Dans son dernier rapport, la Cwape préconise une exonération de cette « redevance » pour les 3 premiers kWc. Ce sera le cas ?

Ce n’est pas une redevance ni une taxe. C’est un tarif. Et, non, il n’y aura pas d’exonération pour les 3 premiers kWc. Je ne peux pas corriger une discrimination en en créant une autre. Mais le politique peut toujours le décider. Pour cela il faut une décision d’une autorité compétente. Pour l’instant, c’est le fédéral. En 2015, ce sera le régional. Il faudrait donc une loi ou un décret qui élabore cette exonération. Mais après, il faudra aussi qu’on ait les moyens pour soutenir cette exonération. Et qu’on me dise où je peux aller prélever le manque à gagner…

Le tarif d’utilisation du réseau qui sera payé dorénavant par les producteurs consommateurs photovoltaïques sera-t-il le même que celui payé actuellement par les clients « normaux » ?

C’est le but en effet. Il faut que la charge de la distribution soit répartie de manière équitable sur tous les utilisateurs du réseau. Quand on annonce une nouvelle technologie et qu’on veut la rendre attractive, il faut qu’elle soit soutenable et durable. Or, si on ne fait rien, les coûts de distribution seront de plus en plus importants et répartis sur de moins en moins de gens. Ce n’est pas juste.

Le nouveau tarif sera calculé sur base de la puissance de l’installation et non pas de l’électricité réellement produite et réinjectée dans le réseau. Or certains produisent moins que ce que leur installation leur permet. C’est juste çà ?

Comme pour tous les autres clients, on appliquera des tarifs sur des profils de charge standardisés. En clair on part du principe que tout le monde se comporte de la même manière dans son utilisation du réseau. Mais si vous estimez en effet que vous injectez réellement moins que ce qui a été calculé, vous pouvez ne pas payer un forfait. Dans ce cas, il faudra demander la pose d’un compteur intelligent qui mesurera exactement les flux d’énergie.

C’est déjà possible aujourd’hui ?

C’est en test et ça va se développer dans les mois à venir.

La Cwape estime que l’argent qui rentrera pourra servir à compenser la dette des certificats verts. Vous êtes d’accord ?

Le coût du réseau de distribution et les certificats verts sont deux dossiers complètement distincts. Je ne peux pas être d’accord avec ce que préconise la Cwape. Le tarif est là pour payer un service, pas pour que le gouvernement s’en serve pour autre chose. Sinon, on rate l’objectif.

En quelques mois, on annonce aux détenteurs de panneaux qu’ils auront une rentabilité moindre, et qu’ils vont devoir payer pour l’utilisation du réseau. Dans les semaines à venir, il y aura peut-être en plus une taxe sur les panneaux. Vous comprenez la grogne qui monte ?

Oui. Mais je n’en suis pas responsable. Moi je gère mon activité en fonction de ce que me dit le régulateur fédéral. Je comprends la problématique du photovoltaïque et je reste disponible pour aider à trouver des solutions. Mais je refuse qu’on dise que les gestionnaires de réseau ont contribué à rendre le système incertain.¦