Les certificats verts leur font péter les plombs

Le secteur photovoltaïque ne décolère pas face à l’éventualité de diminution du prix garanti des certificats verts. Les particuliers non plus.

Martial DUMONT
Les certificats verts leur font péter les plombs
BELGIUM SOLAR PANEL ON THE ROOF ©Reporters

Théoriquement, c’est donc ce jeudi que le gouvernement devrait présenter sa réforme du photovoltaïque wallon censée faire dégonfler la bulle des certificats verts. Une bulle qui, si elle ne résorbe pas, coûtera la bagatelle de 2,7 milliards à la collectivité, le rachat des certificats verts garantis à 65euros par Elia (le gestionnaire des réseaux) étant répercuté sur la facture des ménages wallons.

Mais comment faire? Le gouvernement wallon propose de baisser la garantie de rachat, la faisant passer de 65euros à 40euros.

Ou alors de la maintenir, le temps d’amortir votre installation. Mais, dans ce cas, en ne distribuant plus de certificats verts une fois l’installation payée.

Cette éventualité engendre déjà un tsunami d’indignation et d’inquiétude, notamment de la part de Test-Achats qui réclame le maintien des droits acquis pour les consommateurs.

Dans le secteur du photovoltaïque, on tient le même discours.

Ainsi, Patrick Maniquet, patron de la plus grosse entreprise de photovoltaïque wallonne, a analysé l’impact de la proposition du gouvernement wallon.

1. 13 000 euros par famille

«En revenant sur le prix garanti pour le certificat vert, ce sont près de 13 000euros de revenus en moyenne par ménage que la Région wallonne décide de supprimer! Une véritable arnaque! » estime Patrick Maniquet.

«Les conséquences seront désastreuses. De nombreux ménages vont être mis en difficulté financière. Car la plus grande majorité des ménages qui ont fait la démarche du photovoltaïque ne sont pas des riches investisseurs mais bien des ménages aux revenus moyens à la recherche d’économie. »

Et l'entrepreneur d'ajouter: «Nombre d'entre eux se sont endettés pour réaliser l'investissement, incités par le gouvernement et la disposition des prêts verts. Comment feront-ils pour rembourser? ».

Une question que se posent évidemment beaucoup de ménages.

La preuve: hier, la Cwape annonçait que sa ligne internet avait sauté, des centaines de personnes paniquées ayant tenté de se connecter pour revendre leurs certificats verts dans l’urgence. Réaction irrationnelle, cela dit.

2. 3 000 pertes d’emploi

Toujours selon Patrick Maniquet (mais également selon la Fédération de la construction et de nombreux entrepreneurs qui ont inondé hier les rédactions de communiqués alarmistes), les conséquences de la réforme risquent également d’avoir un impact énorme sur les entreprises spécialisées dans le photovoltaïque.

Pourquoi? Simplement parce que beaucoup d’entre elles se sont lancées dans le système du tiers investisseur. Concrètement, elles placent des panneaux photovoltaïques en faisant payer un minimum au client. A qui elles proposent de rembourser l’investissement qu’elles ont consenti via les certificats verts.

Or, analyse Maniquet, si le prix garanti des certificats baisse, les business plans, souvent étalés sur de nombreuses années, s’écrouleront comme des châteaux de carte.

Et les faillites des sociétés photovoltaïques vont s’enchaîner.

« Si aucune garantie sérieuse ne peut être apportée et tenue sur la valeur du certificat vert, cela signifie une perte de confiance les systèmes mis en place par la Région Wallonne, tant pour les particuliers que les entreprises, les banques, les financiers externes. Avec pour conséquence plus aucune demande à attendre dans les 6 prochains mois. et donc des pertes d’emploi massives. On peut s’attendre à 2000 à 3 000 emplois menacés ».

Reste à voir comment le gouvernement wallon déjouera cette analyse alarmiste en trouvant des solutions qui permettront aux entreprises, mais également aux particuliers, de ne pas se griller financièrement.

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