Axelle Red, fashion victim

Le Musée de la mode de Hasselt consacre une large exposition à Axelle Red qui, au fil des ans, s’est constitué un dressing incroyable.

Fanny Guillaume

Martin Margiela, Véronique Leroy, AF Vandervorst, Olivier Theyskens, Raf Simons, Ann Demeulemeester… Autant de créateurs belges dont la simple évocation fait rêver les dingues de mode. Mais pour la chanteuse Axelle Red, ils font partie de son quotidien et leurs plus belles pièces trônent dans son dressing.

Ce n'est donc pas pour rien que le Musée de la mode de Hasselt inaugure aujourd'hui une exposition entièrement consacrée à l'artiste et à son lien particulier avec la mode et les vêtements. «L'idée m'est venue il y a deux ans, explique Kenneth Ramaekers, directeur du Musée de la mode de Hasselt. J'avais un peu suivi sa carrière et j'ai toujours été étonné par son style et ses collaborations avec des créateurs. Je me disais qu'elle devait avoir une garde-robe incroyable. Je l'ai contactée par mail pour lui soumettre mon idée de monter une exposition sur la relation qu'elle entretient avec la mode et l'idée l'a séduite. Mais il a quand même fallu la convaincre parce qu'elle est assez réservée et une garde-robe c'est quand même quelque chose qui touche à l'intimité.»

Accro à la mode, Axelle Red a été une des premières à croire au talent des créateurs belges comme Martin Margiela ou Véronique Leroy, qui est devenue une amie. «Cette pièce vient de la première collection de Martin Margiela. J'ai au moins acheté une pièce par collection. J'ai toujours adoré son travail unique», sourit la chanteuse.

En plus de vingt ans, Axelle Red n'a rien jeté. «Qui fait ça?, s'interroge Kenneth Ramaekers. Personne! Mais Axelle, elle, a tout conservé. En participant à cette exposition, elle n'a pas seulement accepté de dévoiler son dressing mais elle a également voulu montrer toutes les personnes avec lesquelles elle a collaboré.»

Dans le grand hall du musée, une vingtaine de mannequins rouges portant tous la réplique du célèbre chapeau d’Elvis Pompilio semblent accueillir les visiteurs. Et, au fil des salles, se déploient les silhouettes sélectionnées par la chanteuse, épaulée de Didier Vervaeren, figure emblématique de La Cambre. Une allée est réservée aux chapeaux, dont le mythique «Weston» boule à facettes dessiné par Pompilio; une salle montre sa collaboration avec Véronique Leroy qui a créé de nombreux vêtements pour la chanteuse.

Dans le grenier du musée, au dernier étage, la chanteuse a imaginé de rassembler tout ce qui n'a pas pu être exposé. À l'abri dans des cages de verre, des dizaines et des dizaines de pulls, vestes, robes, jupes, pantalons… s'offrent de manière originale aux yeux du public. «Rien qu'ici, il y a de quoi faire encore au moins deux expos, s'amuse Didier Vervaeren. C'est incroyable de voir tout ce qu'elle a conservé au fil des ans. Et presque toutes les pièces étaient encore dans un très bon état. Ça vaut une fortune, une collection pareille!»

Tous ces trésors et l’univers entier de la chanteuse sont à découvrir à Hasselt jusqu’au 3juin.

« Axelle Red Fashion Victim », du 26janvier au 3juin au Musée de la mode à Hasselt (11, Gaasthuisstraat).