Restructuration à la RTBF: «Moi, j’appelle ça un plan social»

Les nouvelles pour la RTBF ne sont pas rassurantes. Les syndicats, reçus mercredi, craignent le plan social. Le contrat de gestion doit être adopté aujourd’hui.

Catherine Ernens
Restructuration à la RTBF: «Moi, j’appelle ça un plan social»
REYERS_01 ©Reporters

Le malaise, l'angoisse, l'incertitude. C'est aujourd'hui, en principe, que le contrat de gestion de la RTBF doit être tranché en gouvernement. Et la bouteille à encre reste le financement. Il manque 8 millions. Et ils restent introuvables, visiblement (lire notre article de mercredi).

Ce n'est pas tout. Jean-Paul Philippot, l'administrateur-délégué, a déjà annoncé que même avec ces 8 millions, il devrait procéder à un plan de non-remplacement d'un sexagénaire sur trois. Sur base volontaire, certes. «Mais moi j'appelle ça un plan social», réplique Didier Gilquin, responsable général de la CSC à la RTBF. Ce plan concernerait quelque 50 personnes. La RTBF en est à son cinquième plan social depuis 1993!

Les syndicats ont pris connaissance de la «version 664» du contrat de gestion mercredi après-midi en commission paritaire. Ils qualifient le document de «catalogue d'excellentes bonnes idées». Mais ils confirment l'incertitude totale sur le financement. Ils (re) disent leur inquiétude et leur ras-le-bol de 20 années de grappillage sur le personnel et sur les programmes de la RTBF. «Si effectivement, on ne trouve pas ces 8 millions, alors il (Jean-Paul Philippot) coupera dans l'activité pure et dure. On est à l'os à la RTBF. Il ne resterait plus qu'à supprimer une radio, des programmes et entamer une procédure Renault», s'inquiète Didier Gilquin.

Des pistes d’économies restent possibles. On évoque la vente des bâtiments de Reyers et/ou du parc d’émetteurs. Un privé rachèterait et la RTBF louerait. Une solution pour retrouver de l’argent frais à court terme. Mais à long terme, ce type d’opération est hasardeux. La VRT, par exemple, l’a fait avec son parc d’émetteurs. Chaque fois que le média flamand sort de son contrat de base, il paie cher et vilain les services. Le décompte de l’année 2012 est en route. Le contrat de gestion a traîné avant d’être conclu, la faute aussi aux élections communales qui ont tout retardé de plusieurs semaines.