Et l’imagination ?

«Il nous faudra faire en sorte de coopérer, de travailler ensemble, de trouver un terrain d’entente, de faire des compromis difficiles et de parvenir à un certain consensus». De qui est cette petite phrase? Allez je vous aide, elle doit se lire sur fond de budget. Ben non, perdu, ce n’est pas Elio Di Rupo qui a déclaré cela, mais bien Barack Obama. Il ne faut pas croire que les discussions difficiles autour du budget sont l’apanage de la Belgique. Les États-Unis, aussi, sont dans le potage des équilibres tordus entre économies, coûts et dépenses. Faute d’accord politique entre les républicains et les démocrates, les Américains risquent de le sentir passer dans les prochains mois. Faute de mesures pondérées, mais prises rapidement, la voie sera toute tracée pour instaurer une cure de rigueur sans nuance qui fera mal.

Et l’imagination ?
Thierry Dupiereux ©EDA - Jacques Duchateau

Et côté belge, on en est où question compromis? Bof, pas terrible non plus. Plutôt que d’être créatif sur les sujets qui fâchent, on l’a joué petit bras. La TVA au rancart, mais le saut d’index aussi. Ces deux mesures se sont neutralisées. Pas de cotisation de crise non plus. Dès lors, où ira-t-on chercher des sous pour équilibrer le budget? Franchement, on peut se poser la question. Hier, par exemple, le projet de la suppression d’un jour de congé s’est invité aux rumeurs et propositions du jour. C’est dire où on en est.

L’équipe gouvernementale, corsetée par sa composition hétéroclite, ne semble pas à même d’être imaginative et créative. Pire. Plus le temps passe, plus les facultés d’invention et d’originalité vont s’émousser. Pourquoi? Parce qu’en ayant de plus en plus le nez sur le guidon, l’équipe Di Rupo s’offre de moins en moins de temps pour réfléchir. Beaucoup d’énergie a été dépensée pour tenter de faire admettre que cotisation de crise, hausse de TVA ou saut d’index étaient des pistes valables. Celles-ci ont tenu le haut du pavé et semblent désormais oubliées. De guerre lasse, le gouvernement voudrait à présent en finir, clôturer les travaux à l’issue de ce week-end quitte à présenter un budget peu ambitieux, loin des objectifs fixés. Ce choix est malheureusement plus le reflet d’un inquiétant aveu d’immobilisme politique que d’une volonté de parvenir à un consensus pacificateur. Inquiétant.