TEC: Philippe Henry dit "non au service minimum"

INTERVIEW | Le jeune ministre Écolo tempère sur le billet unique et ne veut pas du service minimum dans les transports en commun.

Pascale Serret
Martial DUMONT
TEC: Philippe Henry dit "non au service minimum"
502921 ©(photo EdA - Jacques Duchateau)

Philippe Henry, vous êtes en charge de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et de la Mobilité. Le service minimum pour les TEC, c'est toujours d'actualité?
Non. Je n'en veux pas. Je comprends bien les difficultés pour les usagers et c'est clair qu'il faut que les TEC soient le plus fiables possible. La grève doit rester un droit, mais elle doit aussi rester une arme ultime. Cela dit, un service minimum ne veut pas dire grand-chose. Encore faut-il savoir ce qu'on entend par là. Quelles lignes, par exemple, décide-t-on de maintenir ? Ce n'est pas une solution. En revanche, il faut trouver des solutions pour un service maximum. Ça passe par le dialogue social en amont mais aussi par la responsabilisation des usagers. Vous savez, je ne dis pas qu'il n'y a pas parfois des grèves injustifiées. Mais le bus est aussi un endroit de promiscuité, où il faut parfois négocier avec certains. Et même si c'est juste 1 % des usagers, ce n'est pas évident.

Le billet unique, c'est une priorité pour vous?
Je vais en tout cas rencontrer tous les interlocuteurs. Il faut réfléchir à la meilleure articulation possible qui facilite les déplacements en mode doux, les déplacements collectifs et le covoiturage. Ce qu'il faut surtout c'est donner aux gens l'envie... d'avoir envie de se déplacer autrement. C'est une question de changement de culture. Une fois qu'on s'habitue, on n'a plus du tout envie de prendre la voiture. Il faut aider chacun à faire le pas.

Oui mais pour ça, il faut améliorer l'offre...
C'est essentiel. Mais je crois que ça peut aussi se faire en privilégiant la multimodalité. On peut très bien prendre sa voiture jusqu'à une gare et ensuite covoiturer ou prendre le train. Le mieux, c'est de tester différentes formules. En faisant ça, on se rend compte qu'il y a beaucoup de possibilités. Et c'est vrai qu'après, il faut travailler sur l'offre. Mais là, le développement est limité par le budget...

Donc, la gratuité dans les transports en commun, qui pourrait aussi servir d'incitant, ce n'est pas pour demain non plus...
À terme, c'est un beau débat. Mais pour le moment, c'est impossible de mettre en place la gratuité totale pour tous sans réduire l'offre. Dans l'absolu, j'y suis favorable. On va toujours réfléchir pour les étudiants et, à tout le moins, maintenir les réductions et la gratuité pour certaines catégories comme les moins de douze ans et les seniors.Et les tarifs ?Il faudra voir avec l'intégration de l'indexation. Mais il est évident que les transports en commun doivent rester accessibles à tous. Sinon, ça serait contraire à notre projet...

Vous voulez aussi mettre plus de vélos dans les gares.
Le but est d'avoir des transferts modaux faciles, comme c'est le cas en Flandre. C'est vrai qu'en Wallonie, c'est parfois plus difficile à cause de la configuration des villes et du relief. Mais là encore il y a un besoin de changement culturel. Notez le vélo, pliable notamment, c'est redevenu très tendance. C'est positif ! Dans ce cadre, j'aimerais aussi favoriser le ramassage scolaire à vélo qui consiste à encadrer des groupes d'enfants qui viennent au cours en pédalant.

+ Prolongez l’info dans Vers l’Avenir, L’Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce lundi 14 septembre