PS : Elio, l'intouchable, garde plusieurs fers au feu

Avec un taux « stalinien » d'approbation au PS, Elio Di Rupo tient bien en mains un parti qui a plusieurs atouts à jouer.

PS  : Elio, l'intouchable, garde plusieurs fers au feu
162827 ©(photo Belga)

« Personnellement, je préférerais une campagne électorale nerveuse, mais courte. À partir de Pâques, par exemple. » Il y a quelques jours à peine, Elio Di Rupo « piquait », mine de rien, Didier Reynders, qui venait de lancer, neuf mois avant le scrutin, la campagne pour les élections régionales du 7 juin 2009. Les sondages du jour confirment l'analyse du président du PS : le frémissement enregistré en juin, qui le plaçait tout juste devant le MR, mais en réalité à égalité avec lui, rend aujourd'hui au PS le score des élections fédérales de juin 2007. Bien sûr, il reste toujours loin en deçà de son score « historique » dit-on au siège du parti, boulevard de l'Empereur mais surtout, il reprend nettement la tête devant le MR. Et tous ses indicateurs sont à la hausse : la tendance semble devoir s'amplifier.

Un signe ? Depuis quelque temps, les courriels qui parviennent à la présidence ont pris un ton différent, plus optimiste, dit-on. Surtout, lance Marc Dumoulin, qui a dirigé la réalisation du sondage, « si la façade de la Maison PS doit encore subir un ravalement, ses occupants, eux, sont en pleine forme. »

Elio Di Rupo lui-même est le premier à bénéficier de cet état de grâce. Son image dans l'opinion est très forte : 83 % des personnes interrogées le désignent spontanément comme le président du PS. Seul, Didier Reynders, avec 82 % fait aussi bien, dans le public wallon. Surtout, le président du PS bénéficie d'une confiance « stalinienne » au sein de son propre parti : 96 % des électeurs du PS lui manifestent leur confiance. De quoi faire pâlir de jalousie l'ensemble de ses collègues francophones. C'est donc un PS à nouveau soudé qu'Elio Di Rupo conduira à la bataille électorale, l'an prochain : les blessures internes nées des « affaires » semblent définitivement cicatrisées.

Surtout, la plupart des ministres socialistes bénéficient d'une appréciation positive, même si certains, comme Christian Dupont, à la Communauté, Philippe Courard, à la Région, ou Paul Magnette, au fédéral, doivent améliorer leur notoriété.

Bien sûr, la ministre fédérale de la Santé, Laurette Onkelinx, qui emmène à égalité avec Didier Reynders le classement des personnalités politiques sous l'angle de leur notoriété, n'atteint pas, elle, le seuil de 60,7 % d'appréciations positives. Et de Jean-Marc Delizée à Julie Fernandez Fernandez, les ministres fédéraux et bruxellois sont dans le peloton de queue. Mais, à l'exception du néophyte Marc Tarabella, du très discret Didier Donfut et de la bruxelloise Fadila Laanan, les poids lourds des gouvernements wallon et communautaire sont au rendez-vous : Rudy Demotte, Jean-Claude Marcourt, et l'inusable Michel Daerden, « un véritable ténor » lance, admiratif, un observateur.

Avec de telles locomotives, le PS ne semble pouvoir qu'améliorer ses scores d'ici au printemps et à l'été 2009. D'autant que la « comm' » du gouvernement wallon a déjà largement commencé. Sans attendre Pâques.