MR : Didier a tout faux

Le président du MR semble le problème majeur de son parti . Son côté pyromane et sarkozien énerve tout le monde.

MR : Didier a tout faux
162805 ©(photo Reuters)

Six pour cent en un an. La chute est vertigineuse pour le MR. Les explications de ce gros tassement des réformateurs sont multiples mais tiennent toutes à un seul homme : Didier Reynders, son président qui l'incarne à lui seul.

Sarkozien

Le MR, c'est lui. C'est son côté sarkozien qui commence visiblement à énerver tout le monde. La preuve? Seul un Wallon sur deux a confiance en ses capacités. Le plus mauvais score des quatre formations francophones, y compris à l'intérieur de son propre parti. «L'irritation vient sans doute du fait qu'on le voit partout tout le temps, explique Marc Dumoulin, de Dedicated Research. Et avec chaque fois une casquette différente. Et le fait de se positionner maintenant comme candidat à la présidence wallonne n'arrange pas les choses».

Pyromane

Autre problème de Reynders : à un moment où tous les sondages montrent que les francophones sont prêts à négocier une réforme de l'État et aspirent à une pacification, le côté pyromane du boss réformateur ne passe pas. En clair, il est celui par qui le front francophone risque de craquer.

Balle dans le pied

Et puis, bien sûr, il y a les critiques incessantes sur la manière dont la Wallonie est gérée.

«Les Wallons ont besoin d'entendre, non pas que tout va bien, mais que les choses avancent. Or que fait Reynders? Il ne cesse de dire que tout va mal en Wallonie. Et comme en plus il est au pouvoir au fédéral, les gens ne font pas la différence et estiment que s'il y a des problèmes en Wallonie, il est aussi responsable que les autres.»

Critiquer la Wallonie ainsi, c'est donc en somme se tirer une balle dans le pied.

Mauvaise cible

Dans sa stratégie erronée, Reynders va plus loin : il flingue à tours de bras Rudy Demotte et Joëlle Milquet qui sont, les chiffres le montrent, les deux personnalités politiques francophones préférées des Wallons. Là encore, il se trompe de cible. On ne s'attaque pas impunément à ceux qui, en tout cas selon notre sondage, apparaissent comme les plus connus et les plus efficaces.

«Sans compter que les Wallons n'ont pas compris pourquoi Reynders a lancé la campagne pour les régionales 9 mois avant l'échéance électorale», juge encore Marc Dumoulin.

Ténors à la traîne

Bref, selon les chiffres, si Didier Reynders poursuit dans cette voie, le MR va au-devant d'une sérieuse déconvenue en juin prochain. D'autant que les Réformateurs n'apparaissent pas aux yeux des Wallons comme une équipe : contrairement à Écolo, au cdH et au PS dont tous les ténors sont au top de notoriété et apparaissent comme «très efficaces», ceux du MR (hormis Sabine Laruelle), sont tous à la traîne. «Ce qui signifie que le MR est le parti qui a le moins de marge de progression» ajoute encore Marc Dumoulin. Et de conclure : «Reynders a tout faux. Il se trompe de stratégie».

La question est maintenant de savoir comment le président des Réformateurs fera pour sortir d'une stratégie arrogante d'attaques tous azimuts où il s'est enferré depuis deux ans. Mais surtout s'il en a le désir et le choix. Sachant que s'il plonge, c'est tout son parti qui boira la tasse.