Demotte: «On lance le plan Marshall 2.0»

Dans son discours des Fêtes de Wallonie , Rudy Demotte annoncera l'«upgrade» du Plan Marshall. Bruxelles y sera impliquée.

Demotte: «On lance le plan Marshall 2.0»
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Martial DUMONT

Rudy Demotte, aujourd'hui, vous allez annoncer un Plan Marshall 2.0. Concrètement, c'est quoi?

Ça veut dire que nous voulons «upgrader» le Plan Marshall. Il faut le mettre à jour. Nous avons travaillé en concertation avec le monde économique et les partenaires sociaux dans le cadre du Plan Marshall. Ce n'est pas pour tout stopper en 2009. Il faut qu'il y ait un renforcement des stratégies et une pérennisation des moyens financiers. Vous savez, le Plan Marshall, c'est un peu comme un soufflé au fromage. Ça gonfle bien mais si on ne le maintient pas à température, il retombe. Voilà pourquoi il faut l'ajuster.

Ça veut dire que les pôles de compétitivité seront plus nombreux?

Pourquoi pas. Il faut se rendre compte qu'on doit adapter ce Plan aux évolutions du contexte socio-économique.

Dans quel timing ce Plan 2.0 verra-t-il le jour?

L'évaluation du Plan Marshall aura lieu au printemps. Ça veut dire que le Plan 2.0 pourra se mettre en marche avec la nouvelle majorité après juin 2009. Ça signifie également que dès maintenant nous allons nous remettre à table avec le monde économique et les partenaires sociaux. Avec ces derniers, nous venons d'ailleurs de signer une charte commune dans laquelle nous nous engageons à oeuvrer ensemble à l'essor économique de la Wallonie pour les prochaines années.

Ce Plan renforcé concernera aussi la Région bruxelloise?

Mais c'est déjà le cas maintenant! C'est une vision erronée de croire que Bruxelles n'est pas actuellement impliquée dans un certain nombre de projets liés au Plan Marshall.

Mais alors, qu'y aura-t-il de nouveau?

Ce que nous voulons, c'est un renforcement des stratégies communes avec la Région bruxelloise, notamment pour éviter les doublons.

Avec des moyens communs également?

Non. Chaque Région aura ses propres moyens. Mais il y aura en revanche une mise en commun des idées, des projets. Ce qu'il faut, c'est échanger les bons procédés.

Ça veut dire aussi, si la Région bruxelloise est impliquée, que les Flamands de Bruxelles pourraient très bien être partie prenante de ce nouveau plan?

Bien entendu. Mais là encore c'est déjà le cas. Bon nombre d'investisseurs flamands sont aujourd'hui implantés sur le sol wallon grâce au Plan Marshall. C'est la preuve que la Wallonie n'est pas frileuse et ne s'enferme pas dans un repli régionaliste. C'est aussi un signe qui montre que nous sommes repartis de l'avant et que nous reprenons notre destin en main.

Justement, le destin de la Wallonie passera aussi par les négociations institutionnelles. Vous en serez?

Actuellement, je suis à la barre et en permanence sur le pont, je dois y rester.

Malgré tout quel est le message que vous voulez faire passer dans ce cadre en tant que ministre-président wallon?

Je dis qu'il faut désormais passer d'un discours passionnel à un discours rationnel. Souvent je me rends en Flandre et on m'avance des clichés socio-économiques sur la Wallonie. Quand je viens avec des chiffres et des faits concrets comme contre-arguments, mes interlocuteurs me donnent raison et sortent de là bousculés. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est voir ce qui est le plus efficace et ce qui ce qui rapporte le plus à tous. En mettant le citoyen au centre de toute réflexion politique. C'est ça la vraie révolution copernicienne.

Ça, c'est pour les Flamands. Mais aux Wallons, vous allez leur dire quoi aujourd'hui?

Que la Wallonie tient son destin en main. Qu'il faut positiver. En évitant l'autosatisfaction, mais aussi le mépris vis-à-vis de la Wallonie. Ça, c'est valable pour certains au Nord du pays mais aussi pour ceux qui, dans notre Région, prennent en otages les Wallons pour des raisons purement politiciennes. Donner des arguments à l'aile dure de la Flandre en disant "si j'étais à votre place je critiquerais la Wallonie", c'est indigne.