À la télé ce mardi soir: Allemagne, les années d’avant

Trois ans après " Berlin 1945 ", Voker Heise livre, avec " Berlin 1933 ", un témoignage formidable sur l’Allemagne d’avant-guerre.

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 Comment le nazisme a peu à peu gangrené l’Allemagne des années 30: c’est ce que tente de décrypter ce docu en deux parties.
Comment le nazisme a peu à peu gangrené l’Allemagne des années 30: c’est ce que tente de décrypter ce docu en deux parties. ©Scherl/Süddeutsche Zeitung Photo 

Pour bien comprendre l’Histoire, il ne suffit pas d’écouter la version du "vainqueur". Il peut, au contraire, être tout aussi utile de se pencher sur la façon dont le "vaincu" a vécu la chose. Le réalisateur et dramaturge allemand Volker Heise ne fait pas autre chose depuis 2020 et la sortie, alors, d’un documentaire intitulé Berlin 1945 – Le journal d’une capitale, et qui racontait comment la capitale allemande et ses habitants avaient vécu cette année qui marqua la fin de la Seconde Guerre mondiale et le début de la guerre froide.

Ce soir, Voker Heise va plus loin, et apporte une suite à ce travail avec un autre Journal d’une capitale qui a toujours pour cadre Berlin, mais le Berlin de 1933. Une ville qui n’a pas encore basculé, et le monde avec elle, dans la folie meurtrière instiguée par le IIIe Reich d’Adolf Hitler, mais où se jouent déjà les prémices de la catastrophe.

L’année démarre ainsi début 1933, au cœur d’une République de Weimar ébranlée: dans un contexte d’hyperinflation, d’explosion du chômage et de la pauvreté, le régime connaît une forte instabilité politique, qui se traduit par une polarisation de l’opinion entre le parti national-socialiste et le KPD communiste. Les émeutes et les assassinats politiques se multiplient. Quand Hitler est nommé chancelier le 30 janvier, l’entrée du national-socialisme au gouvernement ne suscite de véritable inquiétude que dans les rangs de la gauche. Un mois plus tard, l’incendie du Reichstag offre à Hitler un prétexte pour engager une violente répression contre les communistes. La suite, on la connaît…

Dans ce docu en deux parties, toutes les deux diffusées ce soir sur Arte, Volker Heise construit son récit à partir d’extraits d’écrits – journaux intimes, lettres, discours ou articles de presse – qui s’accompagnent de poignantes images d’archives du Berlin de l’époque.

Les mots de diplomates, journalistes, intellectuels, syndicalistes, dignitaires nazis ou opposants politiques se mêlent à ceux de Berlinois ordinaires – sympathisants d’Hitler, apolitiques, juifs – pour nourrir cette chronique polyphonique d’une funeste année de bascule.

Des témoignages marqués par l’immédiateté, entre sidération, effroi et aveuglement, et qui prennent bien souvent une tout autre dimension avec le recul de l’histoire.

Arte, 20.55

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