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Résolution pour l’obligation scolaire à 3 ans

Le MR a déposé hier une résolution au Sénat pour baisser l’obligation scolaire à trois ans. dit la Ligue des familles.

Anne Sandront
M. Bouchez et Van Goidsenhoven ont déposé la proposition de résolution au Sénat, soutenus par Stéphanie Corisse. ©- 

Faut-il diminuer l’âge légal de l’obligation scolaire à trois ans ? Pour le MR, c’est oui. Gaëtan Van Goidsenhoven et Georges-Louis Bouchez ont présenté en commission ce lundi 23 janvier une proposition de résolution en ce sens.

Pour rappel, l’obligation scolaire avait été descendue à l’âge de 5 ans dès la rentrée 2020. Sachant que le PS et Défi avaient eux aussi proposé de redescendre l’obligation scolaire à l’âge de trois ans, il y a une possibilité de faire bouger les choses côté francophone. Les Flamands, eux, se sont sentis par le passé moins concernés par le débat, car au Nord du pays, 99% des petits enfants fréquenteraient l’école maternelle, même sans que ça soit obligatoire.

Pour quoi dès 3 ans ?

Le MR veut améliorer les performances scolaire, lutter contre les inégalités, et booster l’apprentissage de la langue d’enseignement.

Des effets pervers à l’obligation ?

"Pour nous, toute socialisation au plus tôt de l’enfant est importante, car elle est bonne pour l’inclusion sociale et l’apprentissage" dit Merlin Gevers, chargé des études sur la question de l’enseignement à la Ligue des familles.

Mais une obligation est-elle vraiment la meilleure façon d’inciter les familles à envoyer leurs enfants à l’école ? Selon la Ligue des familles, seulement 2 à 3% des familles n’inscrivent pas leur enfant à l’école. "Et plus de 90% des inscrits se rendent régulièrement en classe."

Mais les enfants qui ne participent pas à la vie scolaire sont aussi ceux qui sont dans les situations les plus précaires et les plus vulnérables. "Le Code de l’enseignement prévoit que si l’on ne respecte pas l’obligation scolaire, la sanction est une amende. En cas de récidive, elle est doublée et peut être assortie d’une peine d’emprisonnement" dit Merlin Gevers.

Travailler sur les causes de la non-fréquentation

La punition est-elle la bonne solution ? La Ligue des familles préférerait travailler sur les causes de la non-fréquentation scolaire chez les 10% d’enfants qui sont inscrits à l’école mais ne s’y rendent pas.

"Il faut améliorer l’encadrement pour tous, pour qu’un encadrement adapté permette que l’école accueille et soit inclusive pour tous les enfants, quel que soit leur milieu. Il faut également reposer la question de la gratuité scolaire. Dans un milieu défavorisé, les frais de surveillance à midi et les frais de garderies sont des véritables freins à l’inscription à l’école, et à une participation régulière de l’enfant. On constate aussi que les 2 à 3% d’enfants qui ne sont pas réguliers à l’école proviennent de familles fort éloignées de la culture scolaire: les parents n’ont pas été beaucoup à l’école, ne connaissent pas bien le milieu. Il faut pouvoir aux parents aux familles de participer davantage à la démocratie scolaire. Il faut pouvoir se réapproprier", explique la Ligue des familles.

Des inégalités réelles

Mais la Ligue des familles et le MR se rejoignent sur l’intention de réduire les inégalités scolaires. "La Belgique est un des pires élèves au niveau européen", rappelle Merlin Gevers. Tandis que le MR rappelle que "les 25% des élèves issus des quartiers les moins favorisés d’un point de vue socioéconomique sont trois fois plus représentés dans l’enseignement spécialisé que les élèves issus de milieux favorisés."

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