Tanks en Ukraine: l’Allemagne temporise

L’Allemagne n’entend pas (encore) livrer de tanks en Ukraine. Les États-Unis enverront des blindés lourds.

Clément Boileau (Avec AFP)
 L’Allemagne se refuse à livrer ses chars Leopard pour le moment.
L’Allemagne se refuse à livrer ses chars Leopard pour le moment. ©AFP

L’Allemagne a affirmé qu’aucune décision n’a été prise lors de la réunion des alliés à Ramstein (Allemagne) vendredi sur la livraison de chars lourds à l’Ukraine, douchant les espoirs de Kiev qui les réclame à cor et à cri pour repousser l’invasion russe.

De leur côté, les États-Unis ont également botté en touche, même si, comme annoncé, une nouvelle aide militaire a été dévoilée.

Des blindés

Lloyd J. Austin, secrétaire de la Défense américain, Austin, a détaillé la dernière tranche d’armes et de fournitures que les États-Uni ont promis à l’Ukraine : "Un ensemble d’équipements et de munitions de 2,5 milliards de dollars qui porte la contribution totale des États-Unis à l’effort à 26,7 milliards de dollars depuis le début de l’invasion russe le 24 février 2022", a résumé le ministère américain ce vendredi, citant de "nouveaux systèmes nationaux avancés de missiles sol-air et huit systèmes de défense aérienne Avenger."

Si les États-Unis ne fournissent pas (encore) de chars, ils ne sont pas avares de blindés. "Nous fournissons 59 autres Bradley, 90 Stryker, 53 [véhicules résistants aux mines et protégés contre les embuscades] et 350 Humvees", a précisé la Défense américaine.

Le Royaume-Uni s’est engagé quant à lui à envoyer à l’Ukraine 600 missiles supplémentaires Brimstone, le Danemark 19 canons Caesar de fabrication française, et la Suède des canons automoteurs Archer.

La Finlande a quant à elle annoncé vendredi une aide militaire de 400 millions d’euros à l’Ukraine, sa plus large contribution à ce jour, qui comprend de l’artillerie et des munitions.

À l’ouverture de la réunion en Allemagne, le président ukrainien Volodymyr Zekensky avait exhorté les alliés à accélérer leurs livraisons d’armes lourdes. "Il est de votre pouvoir" de "lancer un approvisionnement majeur qui arrêtera le mal", a-t-il déclaré par liaison vidéo.

L’OTAN pointe l’Allemagne

À l’issue de la réunion, l’OTAN s’est félicitée que "le Royaume-Uni, la France et la Pologne soient prêts à livrer des chars de combat principaux et des chars légers " et a "appelé les Alliés et les partenaires à suivre leur exemple."

Selon les experts, des chars lourds modernes et de conception occidentale seraient un avantage crucial pour Kiev dans les batailles qui s’annoncent dans l’Est de l’Ukraine, où la Russie reprend l’offensive après avoir subi de lourds revers cet hiver.

Côté ukrainien, un conseiller de M. Zelensky, Mykhaïlo Podoliak, avait appelé jeudi les Occidentaux à cesser de "trembler devant Poutine" et à livrer des blindés lourds mais aussi des systèmes de missiles longue portée pour pouvoir frapper la chaîne logistique russe, en particulier les dépôts de munitions.

Mais les Occidentaux craignent que Kiev ne provoque une escalade en usant de ces armes pour frapper en profondeur le territoire russe et les bases aériennes et navales de Crimée, une péninsule annexée en 2014 par la Russie.

Sur le terrain, l’ONU a annoncé vendredi l’arrivée d’un premier convoi humanitaire dans les environs de Soledar, une ville de l’est de l’Ukraine dont la prise a été revendiquée la semaine dernière par l’armée russe et les mercenaires du groupe Wagner.

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