Les 10 films qu’il fallait voir en 2022

Après six premiers mois un peu faibles, le cinéma a repris du poil de la bête dans le second semestre de l’année 2022. De quoi alimenter en combustible très riche notre palmarès de l’année. Et espérer un tout grand cru et des salles pleines en 2023. Bonne année ?

Michaël Degré
Élise Lenaerts
Elli Mastorou
Constant Carbonnelle
Jonathan Lenaerts
Astrid Jansen

1L’événement

Notre autocitation la plus brillante

Le lion d’or de cette année, adaptation du roman éponyme d’Annie Ernaux, fait l’effet d’un coup de poing

Pourquoi il fallait le voir

Parce qu’au cœur d’une année où la condition de la femme aura été au centre de beaucoup d’attentions, ce drame intime est celui qui résume le mieux les raisons pour lesquelles elle doit continuer à pouvoir disposer de son corps – et c’est fou d’encore devoir le dire en 2022.

Pourquoi il pourrait quand même vous déplaire

Parce que certaines scènes sont difficilement soutenables pour les âmes sensibles et fragiles. Elles n’ont sont pas moins essentielles.

La critique publiée le 1er février

2Close

Notre autocitation la plus brillante

Mélangeant fiction et réel, « Close » est aussi tendre qu’il est cruel – comme la vie, finalement

Pourquoi il fallait le voir

Parce que Lukas Dhont confirme tout son talent, et sait créer des scènes qui marquent, tant par leur esthétique que par l’émotion véhiculée. Et parce qu’il y a désormais un autre Eden qui compte en Belgique: le jeune et talentueux Eden Dambrinne, principal protagoniste de ce drame flamand et bouleversant.

Pourquoi il pourrait quand même vous déplaire

Parce qu’il use et abuse d’allégories, parfois jusqu’à l’écœurement, et peut aussi rebuter par sa moralité très judéo-chrétienne. Ou alors parce que vous n’avez pas acheté assez de mouchoirs.

La critique publiée le 1er novembre

3Everything Everywhere All at Once

Notre autocitation la plus brillante

Attention les yeux, voici un des films les plus déjantés de l’année

Pourquoi il fallait le voir

Car ce film déroutant ne ressemble vraiment à aucun autre. Et que les sentiers non balisés demeurent, en matière de cinéma, les plus agréables à explorer.

Pourquoi il pourrait quand même vous déplaire

Car vous êtes allergiques aux multivers. Et que vous vouez un culte éternel au Mister Nobody de Jaco Van Dormael, qui explore la même idée… mais avec infiniment moins de maestria.

La critique publiée le 19 juillet

4Triangle of Sadness

Notre autocitation la plus brillante

Mangez léger avant d’y aller, sinon la scène explosive au milieu du film risque de mal passer

Pourquoi il fallait le voir

Parce que vous aimez vous faire du mal. Et que Ruben Ostlund n’a décidément pas son pareil pour brocarder les travers de notre drôle d’époque.

Pourquoi il pourrait quand même vous déplaire

Parce qu’après The Square, on a quand même un peu l’impression que le cinéaste suédois tape sur le même clou. Avec talent, certes, mais un peu moins d’effet de surprise.

La critique publiée le 27 septembre

5La nuit du 12

Notre autocitation la plus brillante

Comme les affaires non élucidées, certains films hantent longtemps après la projection. « La nuit du 12 » fait partie de cette espèce

Pourquoi il fallait le voir

Parce que le patriarcat toxique tue encore en 2022. Et qu’il faut le filmer, en plus de le dire.

Pourquoi il pourrait quand même vous déplaire

Parce que c’est noir de chez noir. Pas le genre de film que vous regardez pour vous taper sur la cuisse un soir de réveillon. Logique, mais c’est bien de le savoir.

La critique publiée le 30 août

6Coupez !

Notre autocitation la plus brillante

Vous en dire trop sur l’intrigue gâcherait le fabuleux travail de Michel Hazanavicius

Pourquoi il fallait le voir

Parce que c’est un puzzle fascinant et jouissif qui se met en place peu à peu. Et qu’on n’as pas ri autant devant un autre film cette année, voilà qui est dit.

Pourquoi il pourrait quand même vous déplaire

Parce qu’il faut s’accrocher durant la première demi-heure pour ne pas couper la projection en se disant que ces feignants de critiques se sont quand même drôlement foutu de notre tronche. Et puis, tout se met en place, et c’est juste magique. Pas cons, finalement, ces critiques.

La critique publiée le 28 juin

7Las Bestias (As Bestas)

Notre autocitation la plus brillante

Un thriller palpitant et suffocant, qui brise le côté idyllique du retour aux sources

Pourquoi il fallait le voir

Parce que la façon dont Rodrigo Sorogoyen parvient à faire monter la tension pendant plus de deux heures est un authentique travail d’orfèvre. De la tension en intranveineuse.

Pourquoi il pourrait quand même vous déplaire

Parce qu’après ça, c’est clair, vous ne verrez plus jamais vos voisins du même œil.

" – Vous faites quoi, le 31 ?

– Mais puisqu’on vous dit qu’on est pris !!! "

La critique publiée le 2 août

8Licorice Pizza

Notre autocitation la plus brillante

La comédie romantique, version Paul Thomas Anderson, c’est, disons, particulier

Pourquoi il fallait le voir

Pour la scène du camion. Et puis pour Bradley Cooper. Et puis parce qu’on n’avait pas vu un aussi bon Paul Thomas Anderson depuis des plombes. On continue ou vous en met un peu plus ?

Pourquoi il pourrait quand même vous déplaire

Parce que c’est comme du jazz freestyle: ça n’emprunte que des chemins détournés, c’est imprévisible et drôlement bavard. Bref, si vous prenez toujours le même plat à la même table du même resto, réfléchissez un peu quand même avant de vous lancer.

La critique publiée le 4 janvier

9Mes rendez-vous avec Leo Grande

Notre autocitation la plus brillante

Rien n’est cru ou potache dans cette chambre d’hôtel

Pourquoi il fallait le voir

Poue Emma Thompson, d’abord. Et puis parce qu’il évite soigneusement le piège du cliché graveleux, dans lequel il semblait si facile de tomber.

Pourquoi il pourrait quand même vous déplaire

Parce que c’est terriblement bavard, et relativement immobile puisque tout, ou presque, se déroule dans la même chambre d’hôtel. C’est sûr que ce n’est pas en décors que ce film a dû coûter le plus cher.

La critique publiée le 29 novembre

10Belfast

Notre autocitation la plus brillante

Belfast, on t’aime

Pourquoi il fallait le voir

Parce qu’on a dû mal à imaginer qu’on doive ce petit bijou en noir et blanc au réalisateur de Mort sur le Nil. Ses souvenirs d’enfance nord-irlandais sauront toucher jusqu’aux cœurs les plus durs.

Pourquoi il pourrait quand même vous déplaire

Parce que vous n’entendez rien au conflit irlandais ? Peut-être, même si l’essentiel, ici, se trouve ailleurs: dans les yeux d’un petit garçon.

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