Covid: l'ECDC estime les restrictions sanitaires visant les touristes chinois "injustifiées"

Des contrôles et des restrictions sanitaires imposées aux voyageurs en provenance de Chine seraient "injustifiés", a indiqué jeudi le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). La Belgique s'aligne sur cet avis, a confirmé le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke.

Belga
Masked travellers check their passports as they line up at the international flight check in counter at the Beijing Capital International Airport in Beijing, Thursday, Dec. 29, 2022. Moves by the U.S., Japan and others to mandate COVID-19 tests for passengers arriving from China reflect global concern that new variants could emerge in its ongoing explosive outbreak — and the government may not inform the rest of the world quickly enough. (AP Photo/Andy Wong)
©Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

Les Européens ont des niveaux élevés de protection contre le Covid et les systèmes de santé du continent sont équipés pour faire face à la charge actuelle d'infections, a répondu l'ECDC, interrogé par l'agence Bloomberg.

En outre, les variants circulant en Chine sont déjà présents en Europe et le potentiel d'infections importées est faible par rapport au niveau actuel de transmission du Covid dans l'UE, ajoute le centre.

À partir du 8 janvier, la Chine délivrera à nouveau des visas à ses ressortissants qui désirent voyager à l'étranger. Cet assouplissement fait suite à la décision de Pékin d'abandonner sa politique "zéro Covid", pratiquée depuis début 2020, face à la colère croissante de la population. Il a déclenché une ruée vers les vols internationaux, après trois ans d'isolement. Or l'abandon brutal de la politique "zéro Covid" s'accompagne d'une importante vague de contaminations en Chine. Plusieurs pays comme les États-Unis, l'Italie, le Japon ou la Corée du Sud ont déjà annoncé qu'ils exigeraient un test Covid négatif pour l'entrée de touristes chinois sur leur territoire.

L'Union européenne ne partage pas cette précipitation, même si elle dit rester vigilante. La Commission européenne a fait observer que le variant Omicron était déjà présent en Europe et n'avait pas connu de croissance significative. Elle reste cependant attentive et prête à activer si nécessaire le mécanisme dit du "frein d'urgence", qui préconise des restrictions d'accès à l'Europe si la situation épidémiologique s'aggravait rapidement dans un pays ou une région.

Côté belge, le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke a confirmé jeudi que le pays s'alignait sur l'approche européenne et ne prévoyait donc pas de mesures supplémentaires.

"La Belgique dispose d'un niveau de protection très élevé contre Omicron, le variant qui sévit actuellement en Chine, et ce grâce aux campagnes massives de vaccination. En outre, beaucoup de gens ici ont déjà contracté le virus. Pour l'instant, nous pouvons donc continuer ainsi. Mais nous suivons la situation de très près", a commenté le ministre.

Frank Vandenbroucke rappelle qu'en tant que petit pays membre d'un grand espace de libre circulation (Schengen), la Belgique juge cruciale une approche conjointe, si de nouveaux variants menaçants devaient être identifiés.

Il prévient toutefois que l'Europe devrait avoir une vue claire de la situation en Chine. "Des organes internationaux comme l'OMS font pression pour que les autorités chinoises fassent preuve de transparence."

Mais actuellement, la Belgique est surtout confrontée à la circulation de maladies respiratoires au sein de sa propre population, ce qui nécessite les mesures de précaution et de vaccination (grippe comme Covid) de base, souligne le ministre.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...