Toujours pas de fumée blanche en vue à la COP27

Censée se terminer vendredi à 18h, la 27e conférence climat de l’Onu (COP27) était toujours en cours samedi soir, les près de 200 pays qui négociaient âprement à Charm el-Cheikh, en Égypte, peinant à se mettre d’accord.

Plusieurs sujets sont toujours au cœur des discussions: la question d’une diminution voire d’une sortie des énergies fossiles et l’atténuation du changement climatique, qui passe par une diminution des émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement de la Terre, mais aussi le sujet brûlant des pertes et préjudices, qui concerne les dégâts déjà provoqués par le dérèglement climatique. Les pays du Sud réclament à cor et à cri un financement pour les dégâts climatiques, parfois irréversibles, qu’ils subissent. Les pays du Nord ont renâclé pendant longtemps sur ce point mais un possible accord semblait sur la table samedi.

Mais rien n’est acquis tant que les négociateurs ne sont pas d’accord sur l’ensemble des points de discussion. L’Union européenne ferraillait notamment pour arriver à un niveau d’ambition le plus important possible sur l’atténuation du réchauffement climatique et ne pas concéder de recul par rapport au "Pacte de Glasgow" conclu l’an dernier à la COP26. Ce pacte vise principalement à "garder en vie" l’objectif de limiter la hausse du mercure mondial à +1,5°C, sachant comme l’enseignent les rapports du Giec que chaque fraction de degré peut accentuer les effets les plus négatifs du changement climatique.

Dans l’après-midi, une "High ambition coalition" réunissant une quinzaine de pays, dont des États européens -mais pas la Belgique- et des petits États insulaires dont l’existence même est menacée par la montée des eaux, a exhorté la COP à aboutir à  un ensemble de résultats "qui doit garder en vie l’objectif d’1,5°C et protège les vulnérables dans le monde". "Les décisions de cette COP doivent mettre le monde sur le chemin d’une sortie de toutes les énergies fossiles et d’une transition juste urgente vers les énergies renouvelables", a ajouté la haute représentante pour le climat de la République des Îles Marshall, Tina Stege.

À 22 heures locales (21h, heure de Bruxelles), aucune séance plénière n’était encore en vue, la présidence égyptienne de la COP27 poursuivant des consultations tous azimuts, notamment avec les chefs de délégation.

Les COP climat sont habituées à jouer les prolongations, très peu d’entre elles ayant terminé dans le temps prévu. Le record en la matière est détenu par la COP25 à Madrid qui avait débordé d’une quarantaine d’heures.