« The Crown »: une saison 5 déjà dans la tourmente

Alors qu’elle ne sera en ligne que mercredi, la saison 5 de « The Crown », notamment accusée de mensonge(s) suscite pas mal de polémiques.

La Rédaction de L'Avenir
 Dominic West et Elizabeth Debickii incarnent respectivement Charles et Diana.
Dominic West et Elizabeth Debickii incarnent respectivement Charles et Diana. ©Keith Bernstein 

Avant même sa sortie mercredi, la 5e saison de la série à succès de Netflix The Crown déchaîne déjà les passions, accusée de mensonges sur une période brûlante pour la monarchie britannique, marquée par l’explosion en public du couple formé par Diana et Charles.

À peine deux mois après le décès de la reine Elizabeth II et l’accession au trône du roi Charles III, la pression est telle que la plateforme a dû intégrer un avertissement précisant que l’histoire est "inspirée de faits réels", alors qu’elle s’y était toujours refusée.

Cette saison, l’avant-dernière de la série, évoque en dix épisodes les crises des années 1990: interview télévisée choc de la princesse Diana à la BBC évoquant l’infidélité de Charles, relation adultère de ce dernier avec Camilla Parker Bowles, divorce, etc. En abordant ces événements encore très sensibles, la série s’attire des critiques venant de personnalités artistiques comme Judi Dench.

L’actrice britannique oscarisée pour son interprétation de la reine Elizabeth I dans Shakespeare un Love, a ainsi fustigé le "sensationnalisme grossier " de la série après que des articles de presse ont rapporté qu’elle montre Charles, alors prince de Galles, manœuvrant pour obtenir l’abdication de sa mère.

Anti-monarchisme ?

Contrainte de défendre sa démarche et le scénariste Peter Morgan, la production de The Crown, a rappelé que ce qui est raconté dans la série ne doit pas être pris comme des faits, mais comme l’imagination de "ce qui a pu se passer derrière des portes closes pendant une décennie importante pour la famille royale".

Mais l’avertissement concédé par Netflix pourrait ne pas suffire à calmer la polémique, certains accusant Peter Morgan d’utiliser la série pour défendre des positions antimonarchiques. Le critique de télévision du Daily Mail Christopher Stevens, qui a pu voir huit heures et demie de la nouvelle saison, a estimé dans un article cette semaine que la "virulence pure" des dernières intrigues devient "clairement choquante ".

L’écrivain et biographe royal William Shawcross estime lui que l’évocation d’un complot de Charles contre la reine est une tentative délibérée d’attaquer la monarchie en tant qu’institution, une institution "que des millions de personnes ordinaires chérissent".

Philip Murphy, historien à l’Université de Londres estime, lui, que la famille royale est aussi "en partie" responsable. Le Palais a toujours fait "beaucoup d’efforts pour empêcher les historiens d’accéder aux archives sur les 70 ans de règne de la reine", a-t-il écrit dans une lettre publiée par The Times. "Si les chercheurs ne peuvent écrire une histoire précise de la monarchie, cela laisse le champ libre aux dramaturges et à ceux qui ont intérêt à divulguer des informations".