La Wallonie a besoin de psys spécialisés dans l’autisme

Les rares psys spécialisés dans le diagnostic d’adultes autistes sont débordés. Ils essaient de trouver des solutions, et appellent les professionnels à se former.

 Sheldon, dans «Big bang theory» est un exemple fictif d’autiste Asperger, qui entretient les stéréotypes sur le TSA.
Sheldon, dans «Big bang theory» est un exemple fictif d’autiste Asperger, qui entretient les stéréotypes sur le TSA. ©Warner Bros. Entertainment Inc 

Sur le mur Facebook du groupe Autisme et Solidarité, la neuropsychologue Géraldine Vrancken constatait la semaine dernière un manque criant de professionnels-ressources pour le diagnostic des TSA (trouble du spectre de l’autisme) chez l’adulte.

Elle lançait dans la foulée un appel aux psychologues intéressés de développer leur pratique de diagnostic ou d’accompagnement des personnes TSA adultes, proposant des supervisions de groupe destinées aux professionnels. Ces supervisions sont organisées par Marco Di Duca et Géraldine Vrancken comme des stages, pourse familiariser davantage avec l’autisme.

Dix personnes l’ont déjà contactée à ce propos: ses psychologues déjà installés, qui voudraient mieux connaître l’autisme, mais saussi des éducateurs spécialisés et des coachs, qui voudraient se former pour mieux accompagner les personnes TSA.

Conséquence de la fermeture du CRAL

Depuis le printemps dernier, le centre référence autisme de Liège (CRAL) a annoncé qu’il ne réaliserait plus de nouveaux bilans pour les adultes. Conséquence, pour les adultes, le diagnostic, en Wallonie, ne peut être plus être posé qu’en cabinet privé, avec une prise en charge moindre de la mutuelle, et l’absence d’équipe pluridisciplinaire, pourtant recommandée par le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE).

De plus, le manque spécialistes du diagnostic de l’autisme allonge les délais démesurément: "Ma liste d’attente court jusqu’au mois d’août ! Et mon collègue Marco Di Duca est débordé dans les rapports à rendre… On doit choisir comment répondre à la demande: soit on fait des diagnostics, soit des suivis… Je dois diminuer le nombre de consultation pour faire les rapports. On est débordés."

Problème de formation

La formation de base des psychologues et psychiatres laisse trop peu de place à la question de l’autisme, selon Géraldin Vrancken. "Il y a souvent une vision désuète de l’autisme. Même si les classifications ont changé et qu’on peut être autiste sans que cela apparaisse de façon flagrante, la croyance persiste, même chez les professionnels, que pour être autiste, il faut avoir l’air autiste."

L’autisme qui se voit, c’est quoi ? "C’est le personnage de Sheldon dans Big Bang Theory ou celui de Sam dans Atypical. C’est bien fait, mais ce sont des clichés.On ne remarque pas toujours au premier regard qu’une personne est autiste."

Il existe bien un certificat interuniversitaire en TSA, "mais il est surtout axé sur les enfants et les adolescents. Marco Di Duca et moi-même y enseignons quelques heures, mais ce n’est pas suffisant pour appréhender la globalité des cas."

La méconnaissance de l’autisme ne se répercute pas seulement sur le diagnostic des personnes autistes, mais aussi sur leur suivi. "Il doit s’adapter aux besoins de la personne. L’approche psychanalytique fonctionne peu chez les personnes TSA, qui s’accommodent mieux de thérapies cognitives ou comportementales. C’est parfois nécessaire, car le stress social, l’incompréhension et l’hypersensibilité sensorielle sont très fatigants. Ces personnes peuvent souffrir d’anxiété et de dépression."

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...