Saga de la gare de Mons: pour le député John Beugnies, la Région wallonne a cautionné "un projet réalisé de manière illégale" en investissant de l'argent

Le député PTB a interrogé le ministre Philippe Henry

Emeline Berlier
Saga de la gare de Mons: pour le député John Beugnies, la Région wallonne a cautionné "un projet réalisé de manière illégale" en investissant de l'argent
©BELGA

Le dossier de la gare de Mons n’a pas fini de faire couler l’encre. Fin septembre, la Cour des Comptes épinglait de nombreuses irrégularités relative au chantier, qui n’est pas toujours pas clôturé : marchés publics illégaux, favoritisme dans le choix de l’architecte, absence de suivi du budget, opacité organisée,… De nombreuses questions devront trouver réponse et pour John Beugnies, député PTB, il apparait clair que cela commence au parlement.

En commission, le Montois avait questionné le ministre-président Elio Di Rupo (PS), à l'époque bourgmestre de Mons et président du jury chargé de sélectionner les dossiers, mais sans surprise, ce dernier avait botté en touche et renvoyé la balle vers d'autres niveaux de pouvoir. Loin de se contenter de ce esquive, John Beugnies s'est tourné vers l'actuel ministre de la mobilité, Philippe Henry (Ecolo).

Plus précisément à propos de quai supplémentaire construit pour les bus TEC, une partie du projet qui a été financé par la Région wallonne. "Étant donné les sérieuses irrégularités pointées par la Cour des comptes dans le projet, l'important prolongement de la durée des travaux et l'excessif dépassement des coûts, comment est-il possible que la Région wallonne ait financé un projet contenant des éléments opaques ? Pourquoi n'y a-t-il pas eu de contrôles de l'utilisation de l'argent investi par la Région dans une partie de ce projet ?", a questionné l'élu PTB.

"La convention de partenariat relative à la création de la gare multimodale de Mons a été signée par la SNCB, la SRWT et la Région wallonne le 1er mars 2010. La part régionale du financement est un forfait de 28 000 000 d'euros, soumise à indexation. Cela correspond au coût de la gare autobus, intégrée dans les travaux de la gare chemin de fer, en parfaite intermodalité avec le train", précise le ministre de la mobilité.

"La convention reprend un tableau d’amortissement détaillant les annuités à payer jusqu’en mars 2025. Le planning de paiement de ces annuités a été respecté jusqu’à aujourd’hui. Les travaux à réaliser pour ce montant ne sont pas opaques, mais clairement identifiés. Cela comprend la construction de 24 arrêts pour autobus articulés répartis sur deux quais de 350 mètres de long chacun. Le premier quai est commun avec le chemin de fer permettant une intermodalité bus-train optimale."

Le second est commun avec les taxis et les dépose-minute. "Cela comprend également l'équipement des quais, les voiries d'accès, les zones de retournement, la couverture des quais et les locaux techniques. Un droit d'usage est donné par la SNCB à la Région pour 50 ans minimum et reconduit jusque maximum 99 ans. Concernant la désignation de l'auteur de projet, la région n'a pas pris part à la procédure de marché menée par la SNCB, étant entendu que le projet était déjà en cours au niveau de la SNCB depuis 2004 avec des études de faisabilité, et en 2006 avec la désignation du bureau d'architecture via un concours de projet."

Et Philippe Henry de conclure : "pour les montants investis par la Région, la SNCB a donc une obligation de résultats et s'est engagée au travers de la convention à gérer l'entièreté des études et à réaliser ou faire réaliser la gare autobus."Des réponses qui ne convainquent pas John Beugnies, qui estime que "si l'ancien projet qui ne prévoyait qu'une passerelle à côté de l'ancienne gare avait été réalisé, la Région wallonne aurait pu conserver les quais de bus tels qu'ils existaient, et n'aurait pas dû dépenser tout cet argent."

Pour le député, il est clair qu'en investissant dans le nouveau projet, "réalisé de manière illégale selon la Cour des comptes", la Région wallonne l'a cautionné.