À Bruxelles aussi, Uber a abusé de pratiques douteuses

Nos confrères du Soir, du Tijd et de Knack ont passé au crible des données concernant Bruxelles.

C.T.B. (Avec Belga)
 L’entreprise est au cœur du scandale au Royaume-Uni, en France, mais aussi en Belgique.
L’entreprise est au cœur du scandale au Royaume-Uni, en France, mais aussi en Belgique. ©AFP

La fuite de données provenant de l’entreprise Uber (124 000 documents, datés de 2013 à 2017, comprenant des emails et messages des dirigeants d’Uber à l’époque, ainsi que des présentations, notes et factures), a permis à un consortium de journalistes (l’ ICIJ ) d’enquêter en profondeur sur les pratiques de la firme américaine. Ce consortium regroupe, entre autres, The Guardian , Le Monde , mais aussi nos confrères belges du Soir , du Tijd et Knack .

Côté francophone, le Soir a décortiqué les pratiques d’Uber à Bruxelles, où l’entreprise est confrontée, comme en France, au mécontentement des taxis, qui estiment être confrontés à une concurrence déloyale. Au mitan des années 2010, alors qu’Uber - et notamment son service Uber Pop - est dans le viseur de la justice et du fisc, Le Soir décrit une entreprise prête à tout (effacement ou camouflage des données sensibles, appel à des détectives privés, manipulation de l’opinion publique, lobbying intensif, etc.) pour avoir gain de cause ou échapper aux sanctions.

Vers une commission d’enquête ?

Le versant belge de l’enquête a immédiatement suscité la réaction le groupe PS du parlement bruxellois, qui entend déposer une proposition de constitution d’une commission d’enquête, a annoncé lundi le chef de groupe socialiste, Ridouane Chahid.

"Enquêtes de détectives privés dirigées contre des ministres bruxellois, violations répétées de lois sectorielles, destructions de données, obstructions à la Justice, organisation de fausses manifestations, soupçons de fraude fiscale, sociétés écran pour contourner la législation bruxelloise, etc. sont autant d’attaques contre notre État de droit et notre démocratie" , a expliqué M. Chahid. De son côté, le chef de groupe PS à la Chambre, Ahmed Laaouej, a fait savoir qu’il interpellera le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, afin qu’il fasse usage de son droit d’injonction positive à l’égard du parquet.

La place d’Uber ou de sociétés offrant les mêmes services de transport dans la capitale belge, comme dans d’autres grandes villes dans le monde, a donné lieu à d’âpres débats politiques et a débouché sur une réforme du "plan taxi" approuvée par le parlement régional au mois de juin.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...