Alexander De Croo met en garde contre des «incidents» si l’Europe n’est pas unie sur l’énergie

Les problèmes d’approvisionnement en gaz de l’Allemagne et des Pays-Bas montrent l’urgence, pour les Vingt-sept, de constituer un « bloc de l’énergie » uni, sous peine que des problèmes surviennent, qui en coûteraient à tous les Européens, a mis en garde jeudi le Premier ministre Alexander De Croo, à son arrivée au sommet de Bruxelles.

Belga
Alexander De Croo met en garde contre des «incidents» si l’Europe n’est pas unie sur l’énergie
©AFP

Plus tôt dans la journée, l’Allemagne a activé le "niveau d’alerte" du plan visant à garantir son approvisionnement en gaz, qui rapproche le pays de mesures de rationnement, dans le sillage de la baisse de 60% des livraisons de Moscou via le gazoduc Nord Stream.

Dans l’immédiat, cela n’aura pas de conséquence pour la Belgique, a expliqué M. De Croo: les réserves du pays sont plus élevées que la normale. "Mais le problème est plus large: si des pays de l’UE devaient être confrontés à un problème parce qu’ils dépendent du gaz russe, par exemple l’Allemagne, et que l’industrie là-bas était mise à l’arrêt ou réduite, cela aurait un impact énorme sur le reste de l’Europe et surtout sur notre pays", a-t-il averti.

C’est la raison pour laquelle les États membres doivent "former un bloc énergétique uni, faire enfin usage d’une politique d’achats conjoints et se tenir prêt à activer le frein du plafonnement des prix". 

À ses yeux, un plan de délestage énergétique ne serait qu’un "plan B". "Ce que je veux maintenant, c’est le plan A, et il ne fonctionnera que si nous agissons en tant que bloc uni". 

Sans cela, "des incidents" risquent de survenir l’hiver prochain, selon M. De Croo. "Et l’on pourrait se retrouver confrontés à des prix encore plus élevés, peut-être même à des pénuries". Cela fait plusieurs mois que le chef du gouvernement belge aborde ce point aux sommets européens, et il reçoit de plus en plus d’attention, selon ses dires. "Tout le monde comprend que si chacun pense d’abord à lui-même, ce sera aux dépens de nous tous".

Alexander De Croo remettra ce sujet sur la table du sommet vendredi matin, lors des discussions économiques. Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et son collègue italien Mario Draghi tiendront aussi un nouveau plaidoyer pour un plafonnement des prix sur le marché de gros du gaz.