"Petiote", le dernier livre de Benoît Philippon, une grave parodie de polar

Dans « Petiote », Benoît Philippon a mis tous les ingrédients du genre pour mieux les détourner et en rire. Ajoutant une dimension sociale.

Michel PAQUOT
 Dans ses romans noirs, «Cabossée,» «Mamie Luger» ou «Petiote», Benoît Philippon parle de sujets graves par le biais du rire.
Dans ses romans noirs, «Cabossée,» «Mamie Luger» ou «Petiote», Benoît Philippon parle de sujets graves par le biais du rire. ©-StephaneRemael

Un avion pour le Venezuela et 500000€ " en petites coupures ". Telles sont les revendications de Gustave Samson, alias Gus, pour récupérer le droit de garde de sa fille de 14 ans dont, faute de revenus et de résidence, la JAF (juge aux affaires familiales) l’a impitoyablement, et forcément injustement, privé. C’est pourquoi ce loser " de père en fils " a pris en otage les occupants d’un hôtel miteux dans un quartier pourri, le Love Hôtel: son tenancier, George, et Boudu, son ami SDF, Gwen et Dany, un couple illégitime qui se voyait pour la dernière fois, une prostituée, Cerise, une migrante ivoirienne enceinte, Fatou, et Hubert, un livreur Uber rasta venu livrer une pizza. Et, bien sûr, sa fille, Émilie. Sa fille, otage? Oui, bien obligé: pour calmer la fureur de son ado, il lui a en effet fallu la bâillonner et lui mettre les menottes. Ajoutez à cela le Serbe qui a vendu la kalachnikov à Gus, solidement attaché au radiateur d’une chambre, la négociatrice humaniste et un journaliste fouineur surnommé la Tique, vous aurez la galerie de personnages qui peuplent le quatrième et à la fois drôle et grave roman de l’auteur du best-seller Mamie Luger qui revisitait le XXe siècle à la suite d’une meurtrière de 102 ans.